Billet. Tunisie. L’opposition centriste prend l’eau

L’opposition tunisienne n’avait pas besoin de ça. Déjà bien mal en point après la déroute des élections d’octobre dernier, puis les difficultés à s’unir, voilà que la principale force progressiste du pays s’entredéchire à moins d’un an des futures échéances électorales. La rupture entre le «Mouvement réformateur» et le Parti Républicain est consommée. 


 

... (par:Seif Soudani) [Lire la suite]
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N° 59
N° 59 - Mai 2012
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Maroc. Mohamed Ouzzine : « Le sport marocain est malade de sa gouvernance »

lundi 20 février 2012

C’est avec une certaine sincérité et un brin d’enthousiasme malgré l’ampleur de ses chantiers, que le nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports a répondu aux questions du Courrier de l’Atlas dans l’une de ses premières interviews depuis sa nomination. Il revient notamment sur la défaite du Maroc à la CAN 2012, le problème de gestion des fédérations et sa stratégie pour la jeunesse. Mohamed Ouzzine, a tenu aussi à s’adresser aux jeunes marocains d’Outre Atlantique…
 

Le Courrier de l’Atlas : Après l’élimination des Lions de l’Atlas de la CAN-2012, vous avez annoncé que des mesures seront prises pour redonner confiance aux sportifs, managers nationaux et au public marocain. Pouvez-vous nous en parler ?

Mohamed Ouzzine : Pour nous, l’élimination du Maroc de la CAN 2012 a été un instant de vérité par rapport à la réalité de notre sport national, et pas seulement du côté du football. Au-delà de cette sortie douloureuse, nous avions d’ores et déjà l’intention de lancer les chantiers de la réforme de notre sport.

Nous ne pouvons pas annoncer tout de suite les grands axes de notre plan d’action, mais je peux vous assurer que tout sera entrepris pour redonner à la jeunesse, aux managers et au public marocain les raisons objectives d’y croire.

 

Les Marocains de France, comme de nombreux Marocains, ont vraiment été déçus par cette défaite, que pourriez-vous leur dire ?

La même chose que je dirais à tous les Marocains, que le sport offre de belles occasions de sentir la force du sentiment d’appartenance qui est en nous. Ce sentiment et cette force, nous ne les ressentons pas seulement au moment des victoires mais également au moment des défaites. Une défaite n’est pas la fin du monde mais plutôt le lever d’un jour nouveau.

Les Marocains du monde sont d’abord des ambassadeurs du Maroc dans le monde et, à ce titre, je souhaite leur exprimer tout l’engagement qui sera celui de mon département pour leur offrir la plus belle image possible du sport national.

 

Depuis votre nomination, vous parlez souvent de meilleure gouvernance dans la gestion de la chose sportive. Qu’entendez-vous par là ?

La bonne gouvernance est à la base de toute politique de changement et la condition première de toute construction sérieuse. Le sport marocain est malade de sa gouvernance et ce n’est un secret pour personne. La Lettre Royale adressée au monde sportif en 2008 ne laisse aucune place au doute. Il serait illusoire de croire en des jours meilleurs pour nos disciplines sportives sans améliorer la gouvernance dans sa globalité.

 

Qu’en est-il de l’audit des fédérations ? Quelles mesures s’imposent pour rétablir l’équilibre administratif, humain et surtout financier ?

Trois cabinets d’audit d’envergure ont donné des indications très précises quant à la situation des fédérations sportives sur les plans administratif, financier, technique, etc. Ce n’est pas tant une question d’équilibre qu’une problématique de gestion. Il y a manifestement un recadrage à faire avec chaque fédération pour revenir à l’essentiel de sa raison d’être.

Les fédérations sont des associations sportives dont le principe de fonctionnement reste le bénévolat et dont la vocation première n’est autre que l’encadrement des clubs sportifs et la promotion de la discipline qu’elles représentent. Les fédérations sportives sont le partenaire naturel et essentiel du Ministère et la mise à niveau de ce partenariat est notre premier chantier.

 

Que comptez-vous faire pour que les fédérations respectent les contrats objectifs qu’ils ont signés ?

Un plan d’action spécifique a été mis en place et enclenché. Il prévoit plusieurs actions et mesures parmi lesquelles un audit précis des réalisations de chaque fédération par rapport aux conventions-objectifs signées. Chaque jour, depuis le début de notre mission à la tête de ce ministère, des réunions sont tenues au sein du ministère et les premiers bilans donnent à réfléchir…

 

Les structures sportives ne sont pas suffisantes, notamment en milieu rural et dans certains quartiers, que comptez-vous faire pour y pallier ?

Notre programme dans ce sens sera annoncé dans les prochains jours mais je peux déjà vous dire que notre plan d’action ne prévoit pas seulement la création de nouveaux espaces dédiés aux activités sportives, nous envisageons aussi optimiser l’existant et ouvrir les innombrables infrastructures disponibles devant les managers sportifs qu’ils soient associations, fédérations, ou organisations scolaires.

 

La Jeunesse est un sujet que vous maîtrisez puisque vous avez notamment été chargé au sein du MP de l’organisation de la Jeunesse Populaire. Quel est doncvotre programme pour la jeunesse ?

La question de la jeunesse nous interpelle tous, tous départements confondus. Nous sommes en train de préparer une stratégie jeunesse détaillée et porteuse d’une vision globale en faveur de cette catégorie importante sinon déterminante pour l’avenir de notre pays.

Notre stratégie s’appuie notamment sur notre connaissance profonde et concrète des attentes des jeunes Marocains, dans toutes les régions et de toutes les conditions. Nous ne sommes pas mobilisés par une envie d’évènementialiser le secteur de la jeunesse mais d’apporter des raisons d’y croire et d’espérer, des opportunités d’entreprendre et d’ouvrir le champ des possibles pour chaque jeune marocain.

 

Y a-t-il une place pour la jeunesse d’Outre-Mer dans votre programme, notamment la jeunesse de France, très attentive à l’évolution du pays ?

Nous ne faisons pas de différence entre les jeunes de Jerada, de Casablanca, de Meknès, de Dakhla et du reste du monde. Tout jeune Marocain est notre priorité.

 

Vous avez dit récemment que pour « le rayonnement de l’arbre Maroc et de ses branches, nous devons bien nous occuper de ses racines. » Les Marocains de France se situent à quel niveau de l’arbre ?

Tous les jeunes Marocains sont au niveau des racines de l’Arbre Maroc. Mais Les marocains de France et du monde sont en plus les branches qui s’étendent partout où nos citoyens s’établissent et font rayonner la culture et la civilisation marocaines.

Propos recueillis par Ahlam Jebbar


 

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