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OPINION. Le sophisme du « taghawal » (hégémonie) post-électoral

 

Hatem M’rad

Professeur de science politique

 

... (par:Hatem M'rad) [Lire la suite]
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Europe Une décision européenne visant à interdire la circoncision des enfants suscite la polémique

mercredi 9 octobre 2013
Une décision européenne visant à interdire la circoncision des enfants suscite la polémique
Musulmans et juifs s’insurgent contre une décision européenne visant à lutter contre les mutilations, dont la circoncision. Fayez Nureldine / AFP

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a adopté une résolution pouvant à terme interdire la pratique de la circoncision et d’autres « atteintes à l’intégrité physique » de l’enfant, si le texte est traduit dans les législations nationales. Musulmans et juifs s’indignent contre ce qu’ils considèrent comme un geste islamophobe et antisémite.

Vers l’interdiction de la circoncision rituelle ?

La circoncision des jeunes garçons sera-t-elle interdite en Europe ? C’est une question que se posent avec inquiétude les communautés musulmanes et juives pour lesquelles il s’agit d’une pratique rituelle répondant à une obligation religieuse. Tous appellent le Conseil de l'Europe à abroger une résolution, adoptée mardi dernier par une large majorité (78 voix pour, 13 contre et 15 absentions), qui définit la circoncision pratiquée pour motifs religieux comme une « violation de l'intégrité physique ».

Selon ce texte, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) invite les états membres à prendre des mesures pour lutter contre les violations de l’intégrité physique des enfants, dont l’excision ou la circoncision. Mais peut-on qualifier cette mesure d’antisémite ou d’islamophobe ?

Ses défenseurs avancent plusieurs principes, et en premier lieu le droit de l’enfant à disposer de son corps. Dans le cas de la circoncision, ce droit n’est pas respecté. Le texte entend d’ailleurs également lutter contre un ensemble de pratiques mutilantes tatouages, piercings ou opérations chirurgicales abusives.

 

L’APCE se défend de vouloir stigmatiser certaines religions

Liliane Maury Pasquier, députée suisse et présidente de la Commission des questions sociales et de santé au Conseil de l’Europe nous explique : « Ce n’est pas pour une question de religion et en tout cas, ce n’est pas du tout une attaque contre les communautés religieuses. C’est bel et bien pour l’intérêt de l’enfant. Par exemple pour les petits garçons face à la circoncision, pour les enfants qui naissent avec un sexe indéterminé, pour les enfants un peu plus grands dont les parents refont faire le nez, les oreilles ou les seins pour répondre à des canons de la beauté… »

La résolution suscite un vif débat et de nombreuses réactions. Les représentants de l’islam ou du judaïsme attaquent l’association faite entre excision et circoncision. Face aux critiques, la rapporteuse du texte, Marlene Rupprecht, s'est d'ores et déjà défendue d'établir un « parallèle » ou une « comparaison » entre la circoncision et les mutilations génitales féminines.

 

Indignation silencieuse de la communauté musulmane

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) s’est exprimé samedi. « Je m'indigne contre cette résolution et m'étonne du silence des dirigeants musulmans qui n'ont pas réagi », a notamment déclaré Abdallah Zekri, l'un des dirigeants du CFCM. Outre ce dignitaire, les principales figures de l’islam français sont en effet restées étonnamment discrètes sur la question, comme s’ils étaient embarrassés de devoir défendre publiquement cette pratique religieuse.

Déjà en 2012, la justice allemande avait suscité une polémique similaire en estimant dans une décision que la circoncision était une « blessure corporelle (...) modifiant durablement et de façon irréparable » le corps de l’enfant et donc punissable, car « contraire à l'intérêt de l'enfant ».

 

Les Israéliens en pointe contre ce texte

Les plus hautes autorités israéliennes ont également dénoncé cette décision dans un courrier adressé au secrétaire général de l'APCE, Thorbjorn Jagland. Le président israélien Shimon Peres a exprimé ses « regrets » et lui a demandé « d'user de son influence morale pour modifier la décision interdisant la circoncision ». Pour sa part, le ministère des Affaires étrangères organise la riposte. Ainsi, les missions diplomatiques israéliennes dans les pays de l'UE – qui bénéficie de l’extraterritorialité – pourraient prochainement pratiquer la circoncision, écrit le 7 octobre le quotidien russe Novye Izvestia.

Le grand rabbin de Belgique Albert Guigui s’indigne : « Je ne comprends pas que des personnalités aussi importantes puissent faire un amalgame aussi scandaleux entre la circoncision, qui est créditée d’un grand nombre d’effets bénéfiques, et l’excision clitoridienne qui limite pour la vie entière le plaisir sexuel de la petite fille qui en fait l’objet. Selon l’OMS, la circoncision concerne 30 % de la population masculine mondiale et pourrait en effet baisser le risque de transmission de certaines maladies sexuellement transmissibles, selon des études menées principalement en Afrique.

Rached Cherif

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