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La chronique du Tocard. Mingma, Phurba, Pasang, Lakpa, Dorji et les autres …

 

Au début, on parlait de 5 morts, puis de 7. Au final, 16 d’entre eux ont péri. C’est beaucoup. Bordel que c’est beaucoup. Seize morts, c’étaient seize familles endeuillées, sans compter leurs amis. Seize sherpas népalais sont morts ce vendredi matin à 5900 m d’altitude, victimes d’une avalanche, à quelques mètres du camp 1, en pleine ... (par:Nadir Dendoune) [Lire la suite]

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N° 80
N° 80 - Avril 2014
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La violence a-t-elle sa place dans le Rap ?
 
 
ALEXANDRE DJOUHRI Héros discret de la France à fric
N° 54, lundi 5 décembre 2011
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AFFAIRES Un réseau et un instinct démesurés, une fortune considérable et, surtout, une passion pour le pouvoir. L'ancien gamin des cité sa fait tomber des puissants et aussi sauvé plus d'une tête. Du monde des affaires à l'Angolagate, en passant parles palaces du Moyen-Orient, Alexandre Djouhri est partout. Pour le moment...
Par François Caviglioli

Si vous aviez le bonheur, ces dernières années, de déjeuner au Bristol, vous avez peut-être aperçu M. Alexandre Djouhri. Il était comme chez lui dans ce restaurant stratégique, commodément situé près de l'Elysée et du ministère de l'Intérieur. S'il pensait que vous pourriez lui être utile un jour, ou si, tout simplement, votre tête lui revenait, il vous faisait porter par un maître d'hôtel une bouteille de Cheval Blanc à 3 000 euros. Pour la beauté du geste. Les périodes de décadence fourmillent de ces personnages fastueux, prodigues de l'argent qu'ils ramassent à la pelle dans les fourrés du pouvoir. Comme l'a dit Jean Cocteau, la décadence est cette grande minute où les civilisations deviennent exquises.
Que savait-on à l'époque de M. Alexandre Djouhri, Alex pour le premier cercle de ses amis et pour les dames ? Tout et rien. On devinait qu'il était puissant, qu'il avait, comme on dit, le bras long.
Qu'il était écouté des financiers et des politiques. On le situait sur les marches du trône mais on ne savait pas exactement laquelle. Il avait beau être obligeant et généreux, il faisait un peu peur. Il n'avait pourtant rien d'un Tapie ostentatoire, d'une grande gueule. Il entretenait au contraire un certain mystère, avec une feinte modestie. Ses puissantes relations, il ne les affichait pas, il les laissait entrevoir. Chacun savait une partie de la vérité mais personne ne la connaissait entière. Les uns disaient qu'il était invité chez les Dassault, les autres qu'il passait ses vacances à Megève avec Dominique de Villepin.

Persona désormais non grata à l'Elysée
On disait qu'il était le voltigeur secret de la Françafrique. On l'avait vu au Moyen et au Proche-Orient. Il était de tous les bons coups. Ou de tous les mauvais.
Aujourd'hui, vous ne le verrez plus au Bristol. C'est trop près de l'Elysée. Il est devenu salissant malgré ses chemises de lin blanc. Nicolas Sarkozy, dit-on, le regrette. Lui aussi était tombé sous son charme après s'être méfié de lui, parce qu'il appartenait à la Chiraquie et qu'il aurait tenu sur lui des propos hostiles. C'était avant 2007. Claude Guéant avait convaincu Sarkozy que Djouhri était un atout qu'il valait mieux avoir dans son jeu, comme si la République se jouait aux cartes. Un traité de paix fut signé entre Djouhri et Sarkozy un an avant la présidentielle. Et devinez où ? Au Bristol, bien sûr. "C'était ça ou une balle entre les deux yeux", dira plus tard Sarkozy, comme si la République était un gang.

Expert en relations et en rencontres
Le premier à avoir reconnu la valeur et les dons d'Alexandre Djouhri est Bernard Squarcini, le patron des RG qui allait se retrouver à la tête de la DCRI. Squarci¬ni est un professionnel du renseignement. Le Fouché de la république sarkozienne. Il ne se contente pas de rumeurs. Efficace, fidèle tant qu'il se sent sou¬tenu, il conserve par prudence tous ses dossiers, au cas où... Sage précaution. Lorsqu'il a été récemment mis en examen pour avoir mis sur écoutes un journaliste du Monde, le gouvernement n'a pas osé s'en débarrasser comme d'un serviteur compromettant. L'homme en sait trop.
C'est Squarcini qui a rassuré Sarkozy et Guéant: il a vite compris que Djouhri était un solitaire à géométrie variable et que les liens entre Djouhri et Villepin étaient surtout mondains. Djouhri enviait la chevelure argentée et le charisme aristocratique de Villepin. De son côté, l'ancien Premier ministre, déçu par certains de ses amis, aurait souhaité avoir comme allié ce libero insaisissable dont l'entregent le fascinait. En somme, une relation fondée sur des regrets.
Comment Alexandre, qu'il faut bien appeler le Grand, a-t-il pu susciter tant de doutes et de passion chez tous ces hauts personnages ? Il n'était pas de leur monde. Sa famille est venue de Kabylie s'installer dans le 93, puis à Sarcelles (Val-d'Oise). Alexandre a grandi dans la cité. Rude école, mais qui vaut bien l'ENA, si on en croit Alain Marsaud, un ancien magistrat devenu député UMP : "Djouhri a une connaissance des affaires et de l'économie qui est utile à notre pays." Djouhri adolescent se moque bien de l'économie. Ce qu'il veut, c'est sortir de la cité.
Sa vie est faite de rencontres miraculeuses. Il croise un jour Anthony, le fils d'Alain Delon. Entre eux, le courant passe. Anthony a fondé une marque de blousons en exploitant le nom de son père. Djouhri lui donne un coup de main. Mais ce n'est pas un commerce tranquille, le blouson. Alexandre finit par se ramasser une balle de 11.43 mm. On est assez loin de la science économique, pensez-vous. Vous vous trompez. Selon un de ses proches, il aurait déjà fait fortune à 17 ans, en Afrique. On le retrouve dirigeant d'une agence de presse euro-arabe et euro-africaine, associé à Amadou M'Bow, ex-ministre sénégalais et ex-directeur général de l'Unesco. Il se familiarise avec la mécanique compliquée du pouvoir. Il apparaît dans des sociétés de courtage en produits pétroliers.
Ce ne sont que galops d'essai. Il ira plus loin. Il apprend vite en regardant et en écoutant les autres. Grâce à ses relations et à ses amitiés africaines, il intéresse André Tarallo, le "Monsieur Afrique" d'Elf II approche lentement du pouvoir. C'est Henri Proglio qui va l'aider. Le PDG de Veolia est impressionné par la vivacité de son esprit, la rapidité de ses réactions, l'originalité de ses solutions et de ses vues. "Ce gosse a le business dans la peau !" Il en fait son conseiller et bientôt, il ne se fie plus qu'à lui. Il le fait entrer dans les coulisses du CAC 40 comme intermédiaire, électron libre, "développeur économique", comme il se définit lui-même. Djouhri n'est pas un ingrat.

Fasciné par le pouvoir
Plus tard, lorsqu'il aura gagné la confiance de Nicolas Sarkozy, il donnera un simple coup de fil à l'Elysée pour sauver Henri Pro¬glio, dont Jean-Marie Messier voulait la tête. Il était le seul à pouvoir faire ça dans toute la République. Le gamin de Sarcelles avait le chef de l'Etat à sa botte.
C'est l'avocat Francis Szpiner, un de ses amis les plus proches, qui l'initie à la grande politique. Alexandre Djouhri a choisi son camp, la droite. Parce qu'elle est aux commandes. Ce qui le passionne plus que l'argent et le luxe, c'est la puissance que confère la proximité du pouvoir. L'art de gouverner les hommes. Les politiques le sentent, ça les flatte et ils le font entrer dans leur club par la petite porte. Ils ne savent pas qu'ils font entrer le loup dans la bergerie. Car rien ne peut arrêter Djouhri. Il est partout, sur tous les fronts. Discret, presque invisible malgré ses chaussures Lobb, ses costumes de chez Brioni, ses chemises de chez Hermès et les gros billets qu'il distribue aux SDF.

Un bras peut-être un peu trop long
On le voit à Alger copiner avec l'influent général Larbi Belkheir. A Tunis, autour d'un méchoui au siège de l'OLP, en compagnie de Yasser Arafat et de son épouse Souha. A Paris, avec les fils Kadhafi. Le plus fort, c'est qu'il ne parle ni anglais ni arabe. Ce qui ne l'empêche pas de négocier des contrats de distribution d'eau avec l'Arabie Saoudite et les Emirats. Il a joué un rôle dans la libération des infirmières bulgares. Il est là où les choses se passent. Au cœur des affaires, dans tous les sens de l'expression.
Il apparaît dans l'Angolagate et il harcèle l'Elysée pour obtenir la libération de Pierre Falcone, le principal accusé dans ce dossier, et il force Patrick Ouart, le conseiller justice de Nicolas Sarkozy, à quitter son poste. Son fils ayant épousé la fille d'un oligarque russe, il a ajouté la Sainte Russie à son empire. En mars 2010, lorsque Sarkozy reçoit Medvedev, qui est là pour aider le Président à lui vendre quatre bâtiments de protection ? Djouhri, toujours lui. Les gens avaient raison. Il a le bras long. Peut-être trop. 2012 approche. La campagne promet d'être féroce. Alexandre Djouhri peut devenir embarrassant. Il devrait faire attention sur la route. Un accident est si vite arrivé.
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