Algérie/France.Ahlam Mosteghanemi, Artiste de l’UNESCO pour la paix

Ahlam Mosteghanemi, à la foire du livre de Beyrouth en 2012.

Ahlam Mosteghanemi, une voix unique de la littérature arabe, sera nommée Artiste de l’UNESCO pour la paix ce vendredi 16 décembre. La directrice de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, Irina Bokova, a porté son choix sur la romancière algérienne, en "reconnaissance de l’engagement qu’elle a manifesté, à travers son écriture, en faveur de la justice sociale et de l’éducation des jeunes, affectés par les conflits ainsi que de son dévouement aux idéaux et aux objectifs de l’Organisation ".

Une cérémonie sera organisée au siège de l’organisation, à Paris, le 16 décembre à 18h30, pour célébrer l'adhésion d'Ahlam Mosteghanemi dans le groupe des Artistes de l'Unesco pour la paix : "des personnalités de renommée internationale qui utilisent leur influence, leur charisme et leur prestige pour promouvoir le message et les programmes de l’UNESCO" affirme dans un communiqué, l'agence onusienne.

Très populaire dans le monde arabophone, notamment en Tunisie, en Syrie, au Liban, en Jordanie et aux Émirats Arabes Unis, l’œuvre de cette écrivaine ne fut pas à ses débuts appréciée en Algérie, son pays d'origine.

A 20 ans, en 1973, fraîchement  diplômée de l'Université d'Alger, elle publie une première collection de poésie "Ala marfa al ayam" (Au havre des jours), qui fait d'elle la première femme à publier un recueil en langue arabe, en Algérie, mais qui lui coûte le courroux de nombreux adversaires.

Jugeant ses écrits subversifs, le comité de l’université d’Alger, lui-même membre de l’Union des écrivains, lui refuse de présenter un doctorat ou de travailler en tant qu'assistante et la congédie également de cette union.

En 1976, elle s'installe à Paris et publie sa deuxième collection de poésie intitulée "Al kitaba fi lahdat ouray" (L’écriture dans un moment de nudité). En 1982, elle obtient son doctorat en sociologie à la Sorbonne, à Paris, avec une thèse dirigée par Jacques Berque, qui traite de l'image de la femme dans la littérature algérienne.

En 1993, elle déménage au Liban où elle publie son premier livre, "Dhakirat el djassad" (Mémoires de la chair). Une brûlante histoire d'amour, mais aussi un hymne à une ville perdue, Constantine, une fresque poignante de l'Algérie depuis l'indépendance jusqu'aux années 80-90. Ce livre qui a fait d'elle la première femme romancière algérienne à écrire en arabe a été vendu à plus d'un million d'exemplaires.

Ahlam Mosteghanemi enchaînera alors les succès, en publiant en 1997 "Fawdha el hawas" (Le chaos des sens), la suite très attendue de Mémoires de la chair : un roman d'amour qui décrit en même temps l'Algérie des années noires. "Abir Sarir" (Passant d'un lit), le dernier livre de la trilogie a été publié en 2003 et réimprimé plus de 20 fois.

En 2009, elle publie "Nessyan.com" (L’Art d’oublier) à l'adresse des femmes ayant à surmonter une rupture, avant de sortir en 2012, son 5ème roman "El asouad yalikou biki" (Le noir te va si bien), dont 200 000 exemplaires ont été vendus en l'espace de 2 mois. Un roman toujours romantique et politique à la fois, qui raconte la lutte d’une jeune enseignante vivant dans un village traditionnel berbère, dont le père, un chanteur, est assassiné par des islamistes durant les années 90.

Au cours de sa carrière, l'écrivaine algérienne a reçu plusieurs prix et distinctions honorifiques, notamment le Prix Naguib Mahfouz et le Prix Nour de la meilleure œuvre féminine en langue arabe pour "Dhakirat el djassad", et le Prix Forbes Magazines de la femme écrivain arabe ayant le plus de succès...

Raja Khabcheche

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