Tunisie.Béji Caïd Essebsi à l’Elysée : tous les regards étaient braqués vers la « black list » de l’UE

Un ton amical mais ferme, côté tunisien, rappelant la diplomatie bourguibiste d'antan

Le président de la République Béji Caïd Essebsi a, avant de prendre part aux travaux du « One Planet Summit » à Paris, donné une conférence de presse conjointe avec son homologue français Emanuel Macron, à l’issue d’une visite officielle qui a pris une tournure aussi urgente que géopolitique, suite au blacklisting de la Tunisie, au cœur de la visite. Selon l’entourage d’Essebsi, le président tunisien a dû taper du poing sur la table.

Des sujets allant de la coopération anti-terroriste entre les deux pays, la question libyenne qui a constitué l’ouverture de l’allouction d’Emmanuel Macron, en passant par les migrants ainsi que, évidemment, la récente annonce de l’intégration de la Tunisie à la liste noire des paradis fiscaux, ont été éxaminés par les deux chefs d’états.

« Si la France est aujourd’hui le premier partenaire économique de la Tunisie, nous entendons le rester mais surtout avoir une coopération la plus utile possible pour les réformes engagées » a insisté le président français Emanuel Macron, comme pour tempérer la décision européenne… Première information de taille : l’annonce d’une visite en Tunisie les 1er et 2 février 2018 sur invitation de Béji Caïd Essebsi, la première de Macron en tant que président, officiellement dans le cadre des « entretiens réguliers seront menés dans les prochaines semaines sur les différents sujets bilatéraux et régionaux », mais le retrait de la Tunisie de la liste noire au plus vite reste visiblement au cœur des préoccupations du moins de la partie tunisienne.

Terrorisme, Libye, et Jérusalem également au cœur des échanges 

« Aucun pays ne peut faire face seul au terrorisme et que la Tunisie se tient en première ligne face à ce phénomène » a insisté pour sa part Essebsi, qui a réitéré la volonté de la Tunisie d’œuvrer à aider la Libye afin de trouver un plan de sortie de la crise qui soit basé sur le consensus et le dialogue.

Concernant la présence surprise de la Tunisie sur la liste des paradis fiscaux, Béji Caïd Essebsi a déclaré sans détour, en présence de son homologue, que la Tunisie estime que cette décision est « injuste », tout en appelant ouvertement à sa révision.

« Nous ne savons pas quel est l’objectif derrière une telle décision, la Tunisie ne mérite pas de figurer sur cette liste et nous estimons que cette décision touche à l’image du pays, alors notre objectif est d’établir un Etat du 21ème siècle qui investit dans sa jeunesse. Pour des raisons de critère ou de réponse tardive, on nous classe en mauvaise compagnie et nous ferons le maximum pour faire revenir les décideurs sur cette décision », a martelé le nonagénaire.

En guise de réponse, le président français a indiqué que la France œuvrera à aider la Tunisie à cette fin, précisant qu’une clause de revue des engagements a été proposée pour que la Tunisie puisse être retirée de la liste des paradis fiscaux, sans attendre la révision annuelle, « sous réserve de l’analyse du groupe du code de conduite ». Un geste empreint du volontarisme propre au style Macron, sans pour autant froisser ses partenaires européens.

S.S

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