Tunisie.Béji Caïd Essebsi déjeune lundi avec Emmanuel Macron dans un contexte de crises tous azimuts

Le président de la République Béji Caïd Essebsi se rendra en fin de journée du dimanche 10 décembre à Paris pour un séjour de deux à trois jours d’une visite officielle qui sera ponctuée d’au moins un tête à tête avec le président français Emmanuel Macron autour d’un déjeuner lundi à l’Elysée, apprend-on aujourd’hui. Un aparté sans doute tendu en perspective, que l’on suppose dominé par deux questions essentielles : le blacklisting de la Tunisie en paradis fiscal par l’Union Européenne, et les répercussions de la décision américaine concernant le statut de Jérusalem sur le processus de paix au Proche-Orient.   

Avant son retour en Tunisie, Béji Caïd Essebsi prendra part mardi 12 décembre au Sommet climat (One Planet Summit) qui se tient deux ans après l’historique Accord de Paris sur le climat. C’était en réalité l’unique raison du déplacement, avant que l’actualité internationale ne bouleverse l’agenda présidentiel. Un sommet qui devrait voir la participation d’une centaine de chefs d’Etat ainsi que d’une cinquantaine de personnalités.

Limiter les dégâts

A l’ordre du jour du tête-à-tête de « BCE » avec Macron, les relations tuniso-françaises plombées par la récente inscription de la Tunisie le 5 décembre sur la liste noire européenne des paradis fiscaux. Une mesure décidée à l’issue d’une réunion des ministres européens des Finances qui ont voté à l’unanimité la black list en question.

Si Patrice Bergamini, l’ambassadeur de l’Union européenne à Tunis, se montre optimiste sur la sortie prochaine de la Tunisie de cette liste, le nonagénaire tunisien pétri de bourguibisme devra user de tout son savoir-faire diplomatique pour faire du lobbying, sur le tard, afin de convaincre la partie française de peser sur ce dossier crucial pour l’économie nationale.

« Le Maroc a réussi avec ses multiples canaux de lobbying à faire retirer son nom de la liste in extremis », souligne Hassen Zargouni dans un édito, amer au sujet du laxisme des Tunisiens en la matière, en expert pourtant proche du pouvoir.  

Une délégation tunisienne mandatée par la Kasbah est attendue à Bruxelles dans les prochains jours avec pour mission but de s’expliquer sur les réformes et la convalescente situation économique tunisienne, apprend-on également aujourd’hui.

A Paris, le président tunisien devrait par ailleurs évoquer la question de la Palestine avec le président français qui déjeune, ce dimanche, avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, soit le même jour de l’arrivée d’Essebsi en France. Entre-temps, Carthage aura convoqué l’ambassadeur US, assure Noureddine Ben Ticha conseiller présidentiel chargé des affaires politiques, en ce vendredi sous haute tension où des milliers de manifestants sont attendus dans plusieurs villes tunisiennes en soutien à la cause palestinienne.

S.S

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