Syrie.Bérengère Tripon : « La crise syrienne est la plus grande crise humanitaire que l’on n’ait jamais connue »

Bérangère Tripon, responsable des opérations de l'association « Solidarités international » au Moyen-Orient, en Centrafrique et au Soudan du Sud.

 

Et la Syrie alors ? Plus personne n’en parle... ou très peu. Quand on évoque ce pays aujourd’hui, on parle plus de radicalisation que de la situation humanitaire. Et pourtant… Bérangère Tripon est responsable des opérations de l'association « Solidarités international » au Moyen-Orient, en Centrafrique et au Soudan du Sud. Interview.

LCDA: La guerre a débuté en 2011. Quatre ans plus tard, peut-on dire que la situation est catastrophique ?



Oui, si l’on prend brutalement les chiffres du nombre de déplacés et de réfugiés. La crise syrienne est aujourd’hui la plus grande crise humanitaire que l’on n’ait jamais connue. Ce sont de grands mots que l’on entend à chaque catastrophe sauf que cette fois, l’ampleur du nombre de déplacés et de réfugiés est sans précédent. On parle ainsi de plus de 7 millions de personnes qui sont déplacées à l’intérieur de la Syrie et de plus de 4 millions qui sont réfugiés dans les pays voisins. Au total, on parle d’un peu plus de 12 millions de personnes qui ont besoin d’une assistance humanitaire.



LCDA: Depuis combien de temps votre association se trouve-t-elle sur place ?



Nous sommes présents dans le nord de la Syrie, parce que nous n’avons pas pu avoir accès au reste du pays, et au Liban depuis 2013, il y a tout juste deux ans. Au Liban, nous travaillons avec les réfugiés dans les camps pour tenter de réhabiliter les infrastructures dont lesquels ils vivent. Nous nous chargeons aussi de l’accès à l’eau, de l’isolation en période hivernale ou encore de l’assainissement de ces lieux. Nous mettons en place des programmes dit de transferts monétaires conditionnels, en rémunérant les personnes bénéficiaires pour des travaux d’intérêt général (ramassage des ordures, nettoyage des rues, etc.). L’argent ainsi gagné par les bénéficiaires leur permet de couvrir leurs besoins de première nécessité (eau, produits d’hygiène, loyer, nourriture), pour compléter l’aide en nature qu’ils ont reçus à travers d’autres organisations. Nous venons aussi de développer des projets de soutien à la petite agriculture au niveau du foyer et la distribution d’animaux, pour permettre aux personnes de produire certains aliments de base dont ils ont besoin (œufs, lait, etc.).



LCDA: Combien de Syriens vivent aujourd’hui dans les camps de réfugiés ?



Il y a ce chiffre de 4 millions de personnes qui vivent dans les camps situés dans les pays frontaliers. Une grande partie de la population syrienne, une fois qu’elle a passé la frontière libanaise ou turque, se retrouve dans ces camps. Mais une des grandes difficultés que l’on a, c’est d’arriver à savoir quelle est la situation à l’intérieur du pays. On le sait de façon très laconique. On ne parvient pas à avoir une vraie vision globale.



Propos recueillis par Chloé Juhel

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