Didier Le Bret : « On est tous de sang mêlé »

Didier Le Bret est candidat à la députation dans la 9e circonscription des Français de l'étranger. Rached Cherif/LCDA

Né à Paris « par hasard » d’un père d’Indochine et d’une mère oranaise, Didier Le Bret défend avec force une conception de la France aux antipodes des discours identitaires du moment. Ce diplomate de carrière s’est lancé fin 2016 dans l’élection législative dans la 9e circonscription de l’étranger (Maghreb et Afrique de l’Ouest) sous l’étiquette du Parti socialiste. Le Courrier de l’Atlas l’a rencontré à l’occasion de son passage à Tunis.

Rassurer les binationaux et les Français de l’étranger

Le candidat socialiste tient à rassurer les Français et particulièrement les binationaux, comptant pour les deux tiers des ressortissants de la circonscription, sur leurs liens avec la nation. Être Français, ce n’est pas avoir « un peu plus de sang de tel territoire que d’autres territoires », c'est « un acte d’adhésion à quelque chose qui s’appelle la France », explique-t-il. Il reproche d’ailleurs à François Hollande l’épisode de la déchéance de nationalité qui « a donné le sentiment qu’il donnait des gages à une droite française qui pense le fait national en terme de race, et c’est insupportable ». « Si on fait un sondage ici, on est tous de sang mêlé, et c’est ça la France », a ajouté le candidat socialiste.

 « Je ne fais aucune différence entre (…) les Français expatriés pour de courtes durées, les Français résidents de longue date avec des conjoints des pays d’origine et les binationaux », assure celui qui fut ambassadeur à Haïti notamment. Devant une soixantaine de Français de Tunisie réunis vendredi soir, il a d’ailleurs rappelé qu’aux heures sombres, un demi-million de combattants sont venus d’Afrique pour défendre la patrie.

Plus de visas, plus de mobilité

Concernant les relations entre la France et le Maghreb, il souhaite un accroissement de la mobilité pour répondre aux aspirations de la jeunesse locale qui veut faire partie « d’un tout géographique et être des citoyens du monde ». Une mobilité qui n’est pas une menace pour la sécurité française selon lui. L’ancien Coordinateur national du renseignement (CNR) s’oppose d’ailleurs à la vision de la droite consistant à ériger des murs pour se protéger.

Il ne faudrait donc pas s’effrayer de l’attractivité de la France. La sécurité de l’Europe implique au contraire de « faciliter la circulation », de renforcer l’« autonomie des populations locales » et de donner les moyens aux pays partenaires de se protéger. Sous le quinquennat de François Hollande, le nombre de visas délivrés par la France a ainsi grimpé à 3,6 millions par an, dont près de 500 000 pour l’Algérie et 200 000 pour la Tunisie. Dans ce cadre, M. Le Bret repend des recommandations de l’actuel député de la circonscription, Pouria Amirshahi, telles que l’« Erasmus francophone » visant à faciliter le mouvement des étudiants et les échanges entre universités de l’espace francophone.

Boycott des produits des colonies israéliennes

Choqué par les révélations sur François Fillon, « un préjudice majeur à l’image des responsables politiques », Didier Le Bret assure vouloir être un élu exemplaire. Il s’est dit prêt à signer une charte éthique et à avoir des assistants parlementaires équitablement payés.

Enfin, en matière de politique internationale, il dénonce « l’injustice absolue envers les Palestiniens, doublement ostracisés chez eux et dans le reste du monde. » C’est pourquoi il estime logique l’annonce de Benoit Hamon de reconnaitre la Palestine s’il est élu président. Mais, faute de reconnaissance par tous les États membres, l’Europe risque aussi de se disqualifier et de ne plus pouvoir peser dans la résolution du conflit. C’est pourquoi, estimant qu’il existe un camp de la paix en Israël, il prône un soutien des pressions à l’échelle européenne à même d’amener les deux parties à trouver une solution, telle que l’étiquetage et le boycott des produits issus des territoires occupés.

Rached Cherif et Seif Soudani

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