France.A Paris, le harcèlement des réfugiés continue

Evacuation du camp de migrants de l'avenue de Flandre à Paris, le 4 novembre 2016. LIONEL BONAVENTURE / AFP

Alors que la période de grand froid balaie la France, les personnes dormant à la rue sont durement touchées. Parmi elles à Paris, les migrants obligés de former, de nouveau, des campements de fortune avenue de Flandre (19ème). En cette nouvelle année, les pouvoirs publics semblent rester sur leur lancée de 2016 en jouant la carte répression sans proposer de solution pérenne au grand désarroi des collectifs citoyens…

Interventions musclées

Octobre dernier, des rafles avaient déjà lieu avenue de Flandre prétextant l’ouverture prochaine d’un tout nouveau centre d’accueil. Trois mois plus tard, sur cette même avenue, le collectif des P’tits Déj’ à Flandre déplore de nouvelles interventions policières dans les campements fatalement reformés : « Ordre leur est donné à tous de se délester de leurs couvertures et duvets, qu’ils doivent donc laisser tomber au sol. Les employés de la Propreté de Paris ramassent toutes ces affaires après le passage de la police et mettent ainsi à la benne des dizaines de sacs de couchage, des couvertures, des couettes ».

Différentes choses nécessaires fournies dans des kits d’hiver distribués par le collectif, notamment, qui condamne ce type d’intervention : « L’hostilité et l’inhumanité des actions policières, qui creusent les manques au lieu de les combler, et qui défont les actes d’assistance de personnes solidaires, nous semblent incompréhensibles et suscitent notre indignation, notre colère, ainsi que celle de beaucoup de nos concitoyens ».

Insuffisances

Le problème se situe bien au niveau de l’insuffisance des infrastructures mises en place pour héberger les migrants et ce, malgré l’ouverture du Centre Humanitaire de La Chapelle : « Parmi ces personnes à la rue, certaines ont pourtant essayé plusieurs jours de suite d’y avoir accès, sans succès du fait des files d’attente (…) L’effort indéniable fait pour l’accueil de nombreux réfugiés ne peut excuser les insuffisances des dispositifs actuellement mis en place, qui ne sont que l’application par un pays démocratique du Protocole de Genève » selon le collectif des P’tits Déj’ à Flandre.

Constitué d’habitants des quartiers Flandre, Éole et Pajol dans les 18ème et 19ème arrondissement de Paris, depuis un an, le collectif travaille à donner des conditions de vie plus dignes aux migrants : « donner aux réfugiés un petit déjeuner quotidien, les informer, les orienter et les mettre en relation avec l’ensemble des acteurs susceptibles de les aider dans leurs démarches (…) Notre action révèle les carences des systèmes de prise en charge et, plus largement, celles des pouvoirs publics ».

L’ouverture du Centre Humanitaire de La Chapelle, dont la mairie de Paris espérait qu’il règle un certain nombre de problèmes, n’a apparemment pas stoppé l'harcèlement des réfugiés dénoncé par différents collectifs depuis plus d’un an… 

CH. Célinain

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