France. Il y a 40 ans : le Tunisien dernier condamné à mort exécuté en France

Hamida Jendoubi avait été reconnu coupable d'enlèvement, actes de tortures et meurtre en 1977.

Hamida Jendoubi (ou Djandoubi) a été le dernier condamné à mort exécuté en France avant l’abolition de la peine de mort en 1981. Sept mois plus tôt, il avait été reconnu coupable de la torture et du meurtre d’une jeune femme commis en 1974. La grâce présidentielle lui ayant été refusée la veille, il est conduit à la guillotine à l’aube du 10 septembre 1977.

C’est dans la prison des Baumettes à Marseille, où il était incarcéré, que Hamida Jendoubi, 27 ans, vit ces derniers instants. Pourtant, rien ne destinait ce natif de Tunis à devenir l’un des plus célèbres criminels de son époque et un symbole pour la lutte contre la peine de mort.

En 1968, fraichement arrivé en France, le jeune homme trouve rapidement du travail dans une pépinière et s’intègre facilement. Mais trois ans plus tard, sa jambe est prise dans la chenille d’un tracteur et oblige les médecins à l’amputer. S’en suit une longue descente aux enfers pour lui et pour celles qui l’approchent.

C’est pendant son hospitalisation qu’il rencontre sa femme et victime, Élisabeth Bousquet, âgée de 18 ans. Rapidement, le garçon charmeur touché dans son corps devient violent, voire cruel, et oblige sa compagne à se prostituer dans des conditions particulièrement dégradantes. Malgré une peine de prison pour proxénétisme suite à la plainte de sa compagne, il retrouve sa trace à sa sortie et la kidnappe.

Un crime pour punir un autre crime

Élisabeth subit une longue séance de torture, en présence d’Anna et Amaria, deux jeunes filles travaillant pour le proxénète. Jendoubi finit par transporter sa victime dans la campagne, où il l’achève en l’étranglant. Peu de temps après, il recueille une adolescente en fugue âgée de 15 ans, Houria, la séquestre et la viole. Mais entre temps, l’une des témoins du meurtre parle à la police, et le Tunisien est arrêté peu après.

Malgré leurs efforts, ses avocats, Émile Pollak et Jean Goudareau, ne peuvent lui éviter d’être condamné à mort, le 25 février 1977, par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône pour « assassinat après tortures et barbarie, viol et violences avec préméditation ». Valéry Giscard d’Estaing rejette la demande de grâce de la défense le 9 septembre. L’exécution est programmée le lendemain à 4 h 15.

Monique Mabelly, doyenne des juges d’instruction de la ville, qui a été désignée pour faire partie des témoins de la scène, a décrit la scène dans un document rendu public qu’en 2013. Elle évoque notamment « un bruit sourd (…) beaucoup de sang, du sang très rouge ». Puis, rapidement l’action d’un gardien armé d’un tuyau d’arrosage pour « vite effacer les traces du crime ».

En 1981, lors de son plaidoyer pour l’abolition de la peine de mort, Robert Badinter voit en Hamida Djandoubi un « unijambiste […] qui, quelle que soit l’horreur – et le terme n’est pas trop fort – de ses crimes, présentait tous les signes d’un déséquilibré ». Un déséquilibré qui a été le dernier condamné exécuté d'Europe de l'Ouest.

Rached Cherif

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