France.La ville et les habitants d’Antony en exemple de solidarité envers les migrants

Crédit photo : Association Aurore

En mars dernier, un centre d’hébergement d’urgence ouvrait ses portes à Antony (92). Principalement géré par l’association Aurore, la mairie est également très impliquée dans la gestion de ce centre qui accueille actuellement 230 migrants. Pour la ville, il était important de trouver des solutions pour une gestion équilibrée d’une telle structure mais aussi que les migrants accueillis vivent en harmonie avec les habitants. Le pari semble en passe d’être réussi.

Dons et bénévolat

L’association Aurore ne recevant que peu d’aides, la mairie a mis en place un réseau basé d’une part sur le volontariat et d’autre part sur le don. Ainsi les migrants reçoivent d’indispensables cours de français mais également des cours de yoga, gymnastique, foot... De plus, la mairie a déjà plusieurs fois fait des appels aux dons, avec un certain succès comme le confirme Christian Ollivry, élu à la solidarité et l’insertion à Antony : « Une première fois en avril, nous avons obtenu une tonne de vêtements. La prochaine collecte aura lieu début novembre, après les vacances de la Toussaint. Pour l’hiver, il faut des manteaux... ». La réponse de la population est donc plutôt positive.

Questions-réponses

Si tout semble bien se dérouler aujourd’hui, la mairie a dû répondre à certains doutes lors de l’ouverture du centre. Des questions générales, quant au pourquoi de la venue de migrants, au coût, à la sécurité et autres. « Le fait que ça ne coûte pas d'argent à la mairie, a répondu à une partie des questions que se posaient les gens » indique l’élu. Ce dernier nous apprend aussi qu’une campagne de tracts malveillants quant à l’ouverture du centre avait été lancée. Le maire d’Antony, Jean-Yves Sénant (LR), s’est vu obligé d’adresser une lettre à la population pour indiquer que « c'était un devoir d'accueillir des migrants ». Un incident qui s’est avéré être une révélation : « Nous avons eu énormément de réponses positives des gens, des centaines de courriers, courriels, twitter... qui se sont manifestés positivement vis à vis des migrants. Une contre-réaction intéressante, qu'il n'y aurait pas eu s'il n'y avait pas eu les tracts » selon M. Ollivry.

Durée limitée

Installé dans une zone industrielle, le centre d’hébergement d’urgence n’a pas vocation à exister éternellement. La durée de vie de centre sera de trois ans, comme il était convenu, pour cause de travaux : « En 2024 va ouvrir une gare dans le cadre du grand Paris express. Evidemment, quatre à cinq ans avant, il y aura énormément de travaux. Donc ce centre d'hébergement a une durée de vie limitée. Après ce sont des discussions avec l'Etat. Globalement il y a des chances que le centre ferme en 2020 ».

« Les associations font des choses avec les migrants. Ca permet de connaître des gens différents, de comprendre ce qui leur arrive parce qu'ils ont eu une vie un peu compliquée. C'est un premier pas vers leur intégration » se réjouit l’élu à la solidarité et l’insertion. Un exemple et un modèle intéressant pour ces centres d’hébergement d’urgence qui ne font pas toujours l’unanimité.

CH. Célinain

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