France. Législatives : deux candidats majorité présidentielle en tête en Afrique du Nord et de l’Ouest

Peu de monde au bureau de vote de la Marsa, une banlieue de Tunis où sont inscrits près de 5000 électeurs. Rached Cherif/LCDA

La République en Marche (LREM), le mouvement d'Emmanuel Macron, est bien partie pour remporter la plupart des 11 circonscriptions des Français de l'étranger, où il arrive généralement en tête à l'issue du premier tour des élections législatives. Cette deuxième élection des députés de l’étranger (après celle de 2012) est cependant marquée par une très forte abstention.

Dans le droit fil de son résultat à l'élection présidentielle, Emmanuel Macron voit son parti arriver en tête dans 10 des 11 circonscriptions. Dans la dernière (la 9e), ce sont deux candidats se revendiquant de la majorité présidentielle, mais sans avoir l’investiture, qui se disputeront le fauteuil du député sortant Pouria Amirshahi.

Certains candidats écrasent la concurrence, dont beaucoup de députés sortants, en dépassant les 50 %. Mais, un second tour sera nécessaire dans toutes les circonscriptions du fait de la faible participation : ils n'atteignent pas la barre de 25 % des inscrits nécessaire à la validation de l’élection dès le premier tour.

Confusion dans la 9e

La 9e circonscription (Afrique du Nord et de l’Ouest) ne s’est pas démarquée des autres avec plus de 85 % d’abstention. La participation (14,22 %) est même inférieure à celle de 2012 (17,22 %), probablement en raison de la suppression du vote électronique. « Dans mon centre de vote, une douzaine de personnes ont sacrifié leur dimanche à la plage, 23 bulletins différents ont été imprimés en 5000 exemplaires (soit 11500 bouts de papier), tout ça pour un taux de participation de 19.5 % ! », s’insurge une cadre locale du PS.

Alors qu’aucun candidat n’avait obtenu l’investiture de LREM, pas moins de cinq candidats (sur 27) se revendiquaient de la majorité présidentielle. Leila Aichi, désinvestie au dernier moment, avait même gardé le logo du parti et la photo du Président de la République sur son affiche placardée – comme les autres – à l’entrée des bureaux de vote. Sans avoir réellement fait campagne, elle arrive donc en tête, devant M’jid El Guerrab, qui lui a disputé l’investiture LREM sans succès. Après le retrait de l’investiture à la sénatrice MoDem, LREM avait cependant apporté son soutien au Franco-Marocain.

« On a voté Macron »

Les soutiens des candidats des deux partis traditionnels n’en reviennent pas. Ni le candidat LR, Erwan Davoux, natif de Tunis, ni celui PS, Didier Le Bret, issu d’une primaire interne, ne seront au deuxième tour, malgré plusieurs mois de campagne sur le terrain.

Dans les cercles militants, c’est la stupeur et l’incompréhension face à la très faible mobilisation et au score des candidats disposant de réels réseaux dans les 15 pays de la circonscription. « On a voté Macron », explique Moncef à La Marsa. « Je vais voter écolo », affirmait Claire installée à Tunis depuis quelques mois, mais ignorant le nom du candidat EELV. Dans les bureaux de vote, nombreux étaient ceux qui, comme elle, passaient de longues minutes devant les affiches et les bulletins, cherchant un logo plutôt qu’un nom.

Rached Cherif

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