France.Les habitants d'une cité d'Aulnay (93) en lutte contre leur bailleur

Cité de l'Europe à Aulnay-sous-Bois (93)

C'est l'histoire de David contre Goliath. Les habitants de la cité de l'Europe à Aulnay-sous-Bois contre le bailleur Emmaüs Habitat. Demain (7 décembre), Mohamed Mattoug, président de l'Amicale des locataires de la cité de l'Europe, comparaîtra au Tribunal d'Instance de Bobigny. Son tort : avoir envoyé les plaintes des habitants par mail au bailleur, des courriers perçus comme étant « malveillants » par ce dernier...

Au commencement

Suite à des travaux de réhabilitation finis en 2015, les habitants de la cité de l'Europe n'ont pu que constater les nombreux dysfonctionnements : problèmes d'humidité, de chauffage, ascenseurs régulièrement en panne... En avril 2015, ils décident de monter une association pour réclamer et obtenir des logements salubres et fonctionnels. Ayant grandi dans cette cité, ses parents y habitant toujours, Mohamed Mattoug a la faveur des habitants pour prendre la tête de l'association. Exerçant le métier de gardien d'immeuble par ailleurs, cet ancien habitant remontait les plaintes des habitants et espérait travailler en bonne intelligence avec le bailleur pour améliorer les conditions de vie de la cité.

Tensions

Après une première manifestation fin octobre 2016, un événement envenime la situation : « Nous avons contrôlé les charges le 9 janvier 2017 et trouvé un certain nombre d'anomalies » selon Mohamed Mattoug. Ce dernier soupçonne un lien de cause à effet avec une convocation au commissariat, le 3 mars, pour répondre à quelques questions sur les rapports entre l'association et Emmaüs Habitat. Après une demi-heure, le président de l'association ressort, tout s'est bien passé. Mais les choses se compliquent avec l'organisation d'une nouvelle manifestation prévue, et déclarée, pour le 5 avril.

Garde-à-vue

« La police me demande de revenir pour un complément d'informations le 4 avril. J'explique à

l'officier de police de judiciaire que comme le lendemain il y a manifestation, je voudrais être convoqué avant ou alors plus tard, après. Il m'explique qu'il y en a pour trente minutes, c'est juste un complément d'informations suite à la première déposition. Là on me place en garde-à-vue et m'explique qu'il n'y aura pas de manifestation » explique Mohamed Mattoug. La manifestation a quand même eu lieu. Plus d'une centaine de personnes se sont rendues devant le siège du bailleur pour exprimer leur mécontentement. Le président de l'association a été relâché au bout de 24 heures mais avec une convocation au tribunal et accusé de violences psychologiques.

Harcèlement ?

Selon l'Express (15/04/2017) : « Le bailleur affirme que 30 de ses salariés ont été victimes de « harcèlement, menaces verbales ou agressions physiques » de sa part ». Mohamed Mattoug réfute ces allégations : « Nous avons vérifié avec mon avocat. tous les mails sont justifiés, et courtois ». De plus, en octobre, c'est le maire d'Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza (LR), qui lors d'un conseil municipal pointait du doigt Emmaüs-Habitat, suite à des prestations faites en urgence par la ville dans la cité de l'Europe, suppléant ainsi le bailleur. « La préfecture, l'Etat, sont au courant des dysfonctionnements. La préfète déléguée à l’égalité des chances, Fadela Benrabia, a tout constaté » surenchérit le président de l'association.

Tribunal

Concernant son audience de demain, Mohamed Mattoug ne désire qu'une chose, pour lui mais aussi pour les habitants, la justice : « Avec toutes les épreuves que j'ai vécues avec le bailleur, j'espère que justice sera rendue. Après, si j'ai fauté, j'en assumerai les conséquences. Dans l'actualité on parle beaucoup des bailleurs sociaux par rapport à la baisse des APL, mais on ne parle jamais des manquements des bailleurs sociaux, de leurs défaillances ». Un verdict qui devrait être largement scruté du coté d'Aulnay-sous-Bois.

CH. Célinain

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