France.Logement : d'hôtels en hébergements d'urgence, le calvaire de deux familles dionysiennes

Occupation de l'école Rachel Carson de Saint-Denis en soutien de la famille B, expulsée de l'hébergement qu'elle occupait dans une résidence sociale à Saint-Denis. Crédit photo : CH. Célinain

Voilà maintenant deux ans que la famille Benkhelfallah vit dans des conditions de précarité exaspérantes. De nuits d'hôtel en hébergement d'urgence, les soucis de cette famille, ainsi que d'une deuxième dans le même secteur, mettent en avant les problèmes de logement en Seine-Saint-Denis. Malgré une décision de justice et le soutien de leur collectif, formé de parents et enseignants de Saint-Denis, leur situation reste inexorablement bloquée. 

Solutions de fortune

Voici plus d'un an, le tribunal administratif a reconnu la priorité de la famille Benkhelfallah suite à son recours auprès de la commission du Droit au logement opposable. Depuis, selon le collectif de soutien de la famille, la préfecture n'a offert aucune solution de logement pérenne et adapté.

Un an après la décision du tribunal administratif, la famille Benkhelfallah se voit encore offrir des solutions temporaires et absolument pas adaptées : « Le jeudi 1 juin, la famille s'est vue proposer par la DRIHL [direction régionale et interdépartementale de l'hébergement et du logement, ndlr], un logement en hôtel pour une période de 12 jours à Chelles (77), soit à plus d'une heure de transport de l'école et du collège dans lesquels sont scolarisés leurs enfants. Cette situation rend extrêmement difficile, voire impossible, la poursuite d'études des 4 enfants concernés, ainsi que les démarches administratives nécessaires à la stabilisation de cette famille ». Les enfants étant scolarisés à l'école Louise Michel de Saint-Denis, leurs conditions de travail et leur réussite scolaire en sont évidemment impactés.

Immobilisme

La société civile, organisée en collectif de soutien, continue de se battre pour la famille Benkhelfallah mais aussi pour la famille B.

Le mois dernier, le collectif de soutien décidait d'occuper l'école Rachel Carson de Saint-Denis. Face à cette situation, une élue de la mairie de Saint-Denis s'était rendue le jour même dans l'école. Cette dernière « avait promis une prise en charge de l’hébergement de la famille B sur le territoire de la commune de Saint-Denis. D’abord en hôtel, pour une durée d’au moins une semaine et ensuite jusqu’à ce que la famille se voit proposer une solution pérenne compatible avec la scolarisation des enfants à Saint-Denis », selon le collectif.

La famille s'était vue offrir une solution d'hébergement pour trois nuits, puis, grâce à la pugnacité du collectif, 15 jours d’hébergement à proximité de l’école ont été obtenus

Une demi-victoire mais toujours pas de logement pérenne pour cette famille qui, à l'approche des vacances scolaires, pourrait voir sa situation stagner jusqu'à la rentrée prochaine.

CH. Célinain

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