Autriche. L’extrême droite entre au gouvernement en obtenant plusieurs ministères régaliens

Heinz-Christian Strache, leader de l'extrême droite autrichienne, sera le vice-chancelier du nouveau gouvernement.

Le nouveau gouvernement autrichien du conservateur Sebastian Kurz fait la part belle à l’extrême droite, entrée en force avec trois ministères régaliens. Le Parti de la liberté de l’Autriche (FPÖ) de Heinz-Christian Strache obtient ainsi les ministères de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères. Heinz-Christian Strache assumera pour sa part les fonctions de vice-chancelier

Le leader de l’extrême droite autrichienne sera également chargé de la Fonction publique et des Sports, a-t-il précisé au cours d’une conférence de presse aux côtés du nouveau chancelier Sebastian Kurz à Vienne. À 31 ans, celui-ci devient le plus jeune dirigeant au monde.

Cette alliance vient couronner une année faste pour l’extrême droite en Europe, avec une forte progression aux Pays-Bas, en France et en Allemagne, sans toutefois parvenir à s’y hisser au pouvoir. « J’applaudis notre ami (Heinz-Christian Strache, NDLR) », a déclaré Geert Wilders, le patron du Parti néerlandais pour la Liberté, en marge d’une réunion des chefs de partis européens d’extrême droite à Prague. La Française Marine Le Pen a salué un « évènement véritablement historique ».

Comme attendu, le programme de gouvernement comporte une série d’allégements fiscaux et de mesures destinées à combattre l’immigration illégale et à restreindre le bénéfice des aides sociales autrichiennes pour les étrangers. « Nous voulons alléger la pression fiscale, nous voulons renforcer notre économie, ce qui améliorera notre système social », a promis M. Kurz. Mais « en premier lieu, nous voulons améliorer la sécurité dans notre pays, y compris en combattant l’immigration illégale ».

Montée des partis populistes dans plusieurs pays d’Europe

Les questions de l’immigration et de l’islam ont dominé la campagne qui a mené à la victoire de M. Kurz aux législatives, deux ans après la grande vague de réfugiés en Europe en 2015. Le jeune leader conservateur, qui se flatte d’être un des principaux artisans de la fermeture aux migrants de la route des Balkans en 2016, en tant que ministre des Affaires étrangères, s’est nettement rapproché des positions du FPÖ dans ce dossier, ouvrant la voie à la nouvelle coalition.

La présentation du programme de gouvernement s’est déroulée sur le mont du Kahlenberg à Vienne, un site à haute portée symbolique, car c’est de là que prit fin le siège de Vienne et que débuta la reconquête de l’Europe centrale par les forces chrétiennes contre les Ottomans en 1683.

« Sans vouloir y accorder une importance disproportionnée », le choix de ce lieu « a une certaine signification, au moins pour le FPÖ », a toutefois souligné le politologue Thomas Hofer. M. Strache avait durant sa campagne multiplié les allusions au risque d’« invasion de masse » et de « guerre civile » si l’immigration n’était pas jugulée. Il avait également estimé que « l’islam n’a pas sa place en Autriche ».

En 2000, l’entrée du FPÖ au gouvernement avait provoqué des sanctions européennes. Mais ce scénario est jugé très improbable aujourd’hui, dans un contexte général de montée des partis populistes et antimigrants, et alors que M. Strache, 48 ans, a veillé à lisser l’image de sa formation.

Rached Cherif

(Avec AFP)

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