Toulouse.Le livre de Magyd Cherfi passe mal dans son quartier

Fréderic, patron du club des Izards : « Il (Magyd Cherfi) est partout dans les médias. Il ne débat que quand ça l’arrange, ou quand il n’a aucune contradiction face à lui, comme ça a été le cas dans toutes ses interventions médiatiques ». GABALDA / AFP

 

Magyd Cherfi, et son nouveau bouquin « Ma part de Gaulois », c’est le carton de la rentrée à Paris mais au quartier à Toulouse, on a plutôt envie de le cartonner !. « Son livre nous a terriblement blessés, déçus : nous nous sommes sentis humiliés, trahis », lâche amer Fréderic, patron du club des Izards, le quartier où a grandi l’ancien chanteur du groupe Zebda.

 

Et il n’est pas le seul à être en colère contre l’écrivain. Pour montrer leur indignation, Frédéric, en compagnie d’une vingtaine de personnes, jeunes et moins jeunes, tous originaires du coin,  se sont pointés ce samedi 15 octobre, dans un tabac presse dans la banlieue de Toulouse, où Magyd Cherfi dédicaçait son livre. Une vidéo postée sur YouTube montre leurs échanges vifs.

« Ces jeunes sont venus lui dire qu’ils avaient leur bac et qu’aux Izards, ils étaient une fierté. Ils réussissent à l’école et non, ils ne sont pas les ennemis du quartier. Non, lire ce n’est pas trahir », explique remonté Frédéric, faisant référence aux propos que Cherfi a tenu sur I-Télé pour la promotion de son ouvrage.

« Personne ne se fait taper dessus ou traiter de pédé aux Izards quand ils obtiennent leur bac. Personne ne te traite de sale Français », embraie de son côté Fethi, dix huit ans, tout jeune diplômé.

Frédéric trouve que le livre, mais surtout les interventions médiatiques qui ont suivi la sortie du bouquin « créé un amalgame qui peut freiner l’élan de beaucoup de jeunes qui sont fiers d’habiter aux Izards ».

« C’est facile de taper sur son quartier d’origine mais Magyd Cherfi ne connaît plus la jeunesse des Izards, il n’est pas revenu ici depuis 15 ans. Il sait juste que c’est vendeur de dire ça », accuse-t-il. « Malheureusement, nous, on n’a pas son réseau médiatique », pointe Frédéric dépité.

De son côté, Magyd Cherfi, ne désire pas « entretenir le débat », mais finit tout de même par lâcher quelques mots. « Je suis content qu’on leur donne la parole mais j’ai le sentiment d’avoir offensé personne », précise-t-il.

Des arguments qui font sourire Frédéric. « Il est partout dans les médias. Il ne débat que quand ça l’arrange, ou quand il n’a aucune contradiction face à lui, comme ça a été le cas dans toutes ses interventions médiatiques ».

« Le livre ne leur a pas plu, c’est leur droit.  J’ai compris leurs blessures et je les respecte », souffle Magyd Cherfi.

Autre colère. Cette fois-ci, de l’une des personnes citées nommément dans le livre. Miguel, 51 ans, « mère gitane », « papa espagnol », ami d’enfance de l’auteur. « Toute ma famille s’est sentie humiliée. Nous faire passer pour des tire-au-flanc, des assistés, je trouve ça ignoble. Il me fait passer pour un illettré. Dans son livre, il va même jusqu’à dire que nous volions de l’eau ! Alors, que c’est totalement faux. Nous n’avons jamais attendu l’aide de l’Etat pour avancer dans la vie. Mon père a toujours travaillé en tant que carrossier, pendant que ma mère s’occupait de ses enfants ».

Miguel a contacté Magyd Cherfi pour lui faire part de son dégoût. « Il m’a présenté ses excuses, ainsi qu’à toute ma famille, en reconnaissant qu’il aurait dû nous en parler avant, que c’était même une erreur de sa part d’avoir mis nos vrais noms ». « J’ai voulu lui rendre hommage mais ça s’est retourné contre moi », admet Magyd Cherfi.

« C’est trop tard, le mal est fait et nous ne pourrons jamais lui pardonner», conclut amèrement Miguel.

Nadir Dendoune

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