Maroc/Afrique.Les dessous d’un blocage

Le roi du Maroc, Mohammed VI, serre la main du président ivoirien, Alassane Ouattara (D), à l'aéroport d'Abidjan le 24 février 2017. Le roi, accompagné du prince Moulay Ismail, était en visite de travail en Côte d'Ivoire avant de se rendre au Ghana, en Zambie et en Guinée. SIA KAMBOU / AFP

Alors que tous les départements sont pris d’une fièvre subite, conséquente aux préparatifs d’une nouvelle tournée royale en Afrique, la question du suivi des projets signés par le Maroc lors des tournées précédentes sur le continent est devenue d’une actualité brûlante. 

Le dossier confié par le roi à la secrétaire d’État à la Coopération internationale, Mounia Boucetta, risque de faire tomber des têtes tant la grosse partie des projets sont, pour certains, soumis à une cadence qui est loin d’épouser l’enthousiasme observé au moment des signatures, alors que d’autres investissements sont carrément tombés en quenouille.

Si depuis 2014, plus de 400 accords de coopération ont été signés entre le Maroc et quinze autres pays africains, Mounia Boucetta avait été justement chargée de mener un travail de fond, pour répertorier et faire le point sur tous les projets lancés dont la paralysie avait provoqué la colère du chef de l’Etat.

Or, la difficulté de la diplomatie marocaine à assurer le service après-vente des tournées royales africaines est due en grande partie à deux écueils majeurs. Le premier obstacle est celui du financement : mis à part Attijariwafa qui finance quelque peu, bien que timidement, des opérations comme l’aménagement de la baie de Cocody à Abidjan, les banques sont plutôt frileuses à sortir le carnet de chèques.

«  Pour la plupart des établissements financiers , l’investissement consiste à ouvrir des agences dans les capitales africaines, or, ce n’est pas ça qui va consolider les partenariats signés alors que les entreprises marocaines engagées en Afrique ont besoin d’un soutien financier ferme » explique un diplomate africain de haut niveau.

Deuxième écueil, la cacophonie conséquente à l’intervention de plusieurs opérateurs marocains sur les mêmes projets. A l’exemple du projet de Cocody, symbole des relations privilégiées entre le royaume et la Côte d'Ivoire, et qui est à l'arrêt depuis quelques semaines.

En cause, entre autres, les études de soubassement réalisées par Marchica Med, le cabinet marocain d'ingénierie public en charge du projet, qui n’ont pas bien calculé la nature des sols, très marécageux alors que les autres partenaires du projet comme le bureau d'études marocain CID ou encore le ministère de l’Equipement marocain, censés assurer le suivi des travaux au côté du BNETD ivoirien, se sont carrément mis aux abonnés absents.

Lancé en juin 2015, d'un coût global de 468 millions de dollars, le projet de dépollution et de valorisation de la baie de Cocody devrait pourtant livrer sa première tranche en 2019.

C’est un peu la raison pour laquelle, le roi, fermement convaincu que l’Afrique est une chance formidable pour le Maroc et ses entreprises, avait annoncé la création d'un ministère délégué aux Affaires africaines, devant le Parlement, le 13 octobre dernier.

Ce département sera notamment chargé de reprendre la main sur les programmes d'investissement annoncés lors des tournées royales dans un continent où se bousculent désormais, les Chinois, les Turcs, les Indiens et même les Israéliens.

Aujourd’hui, nos avantages concurrentiels sont déterminants : l’entregent du souverain est une garantie en béton dans un continent où le relationnel reste déterminant, en plus de la volonté des Africains de s’affranchir de la tutelle des anciens colons européens, la France en premier.

En somme la forte détermination du Maroc à développer ses positions en Afrique n’a pas d’autre alternative, pour que Rabat s’impose comme le hub incontournable pour l’Afrique.

Abdellatif El azizi

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