France. Licencié pour avoir partagé ses opinions politiques et religieuses sur Facebook

Miloud Hajji était conseiller en insertion sociale et professionnelle à Aix en Provence jusqu’au jour où il a été licencié pour faute grâce sans n’avoir jamais fait l’objet de sanction auparavant. Son ex-employeur justifie sa décision par le fait que l’intéressé avait publié sur son profil Facebook plusieurs publications faisant état de ses opinions politiques et religieuses.

Un employé sans histoire

Voilà 15 mois que Miloud Hajji a été licencié pour un motif qui le prive en outre d’allocations. Il doit encore attendre jusqu’au 6 avril prochain pour que le Conseil des Prud’hommes d’Aix-en-Provence délibère sur son cas.

Malgré ses sept ans d’ancienneté sans histoire à la Mission locale du Pays salonais, M. Hajji est licencié le 18 décembre 2015 pour « faute grave ». En cause : des publications Facebook faisant état de ses opinions politiques et religieuses qui justifient, aux yeux de son ex-employeur, son licenciement. Dans le courrier l’informant de cette décision, celui-ci mentionne explicitement un « devoir de réserve » qui ne serait pas respecté.

Or, comme n’importe quel utilisateur de Facebook, M. Hajji n’a fait qu’exprimer des opinions personnelles, notamment des appels à ne voter « ni pour Christian Estrosi, ni pour Marion Maréchal Le Pen » aux élections régionales de 2015. Selon le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), qui rapporte ce qu’il considère être un licenciement abusif, « la municipalité de la ville de Salon en Provence serait directement intervenue pour obtenir le licenciement de Miloud Hajji ».

Atteinte à « la liberté d’expression et d’opinion »

Par ailleurs, l’employeur, qui explique avoir été alerté par le directeur général des services de la Ville de Salon de Provence, accuse son ancien employé d’avoir lancé un « appel à la diffusion du Coran, accompagné de citations de sourates appelant à la violence ». Miloud Hajji se défend en indiquant n’avoir relayé rien d’autre que des sourates du Coran, comme le mettent en avant les pièces de son dossier.

Pour le CCIF, « le statut salarial de Miloud Hajji ne justifie pourtant pas de telles restrictions à sa liberté d’expression. Et ce, même si dans le cadre de son travail, il est amené à remplir une mission de service public pour la municipalité de sa ville ». « Au regard des pièces du dossier », l’association s’attend à ce que le Conseil des Prud’hommes rende une décision en faveur du plaignant et de « la liberté d’expression et d’opinion ».

Rached Cherif

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