France.Magyd Cherfi, « Ma part de Gaulois » : « En vérité, on ne sera jamais « français » ! »

Magyd Cherfi, du groupe Zebda, présente son livre « Ma part de Gaulois » aux éditions Actes Sud. Rémy GABALDA / AFP

 

Magyd Cherfi, éminent membre du groupe toulousain Zebda, était à l’Institut du Monde Arabe (26 otobre) pour présenter son dernier livre « Ma part de Gaulois » (Actes Sud). Un livre qui a le potentiel de devenir un véritable succès littéraire puisqu’il est sur la liste du Goncourt et potentiellement vainqueur du Goncourt des lycéens. L’artiste toulousain pose un regard pragmatique sur les questions d’identité.

 

Gaulois

« Dès que vous devenez Français, vos ancêtres sont Gaulois », petite phrase, à l’écho médiatique certain, prononcée par un Nicolas Sarkozy à la recherche de voix pour les primaires de Droite. Pour Magyd Cherfi, l’homme politique joue surtout sur les peurs de certaines personnes face à ce grand brassage de culture mondial.

Ce terme de « Gaulois » est source de questionnement pour les personnes issues de l’immigration : « Quand je dis « ma part de Gaulois » entre copains, tout de suite ils éclatent de rire. Nous sommes dans une maladie, avons-nous besoin d'être si français que ça. Est-ce que je ne suis pas assez français ? Est-ce qu'on le serait trop ? Est-ce qu'il ne serait pas prudent de ne pas trop l'être ? Et donc il y a cette schizophrénie qui, en vérité dure depuis une trentaine d'années, autour de la table parce qu'il ne faudrait pas dire qu'on est français trop fort ».

Etre français

Magyd Cherfi confie s’être senti français par le biais de son parcours lettré et de son amour pour la littérature française. Cependant, il se rappelle également que dans certains milieux, il ne pouvait pas dire trop fort qu’il était patriote. En janvier 2015, la triste réalité l’a rattrapé : « 30 ans après, il y a les attentats de Charlie Hebdo, je vais aux manifs républicaines, je suis à Toulouse, devant des tas de gens, notamment des amis de gauche. Et quand ils m’aperçoivent, je vois partout des regards effarés, ils me font : « Mais vous êtes où ? ». J'étais redevenu un arabe. J'étais redevenu un musulman.

Et c'est là que je me suis dit « en fait français, on l'est, mais dans le regard des autres on l'est pas ». Et on s'étonne que les nouvelles générations soient en rupture. Ils sont là, avec des parents français et même des grands-parents français, mais dans le regard français, tu ne l'es pas ». Même après toutes ces années de succès dans l’industrie du disque, avec ce parcours de réussite, il était « redevenu » arabe. Il s’est donc rendu à l’évidence : « Quand on sent ce truc on se dit : « ah ouais d'accord ! En vérité, on ne sera jamais « français » ! ».  

F. Duhamel

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