Migrations.Une évacuation de réfugiés renforce la solidarité étudiante

Crédit photo : Jussieu en lutte.

Le 28 février dernier, une trentaine de réfugiés ont été évacués de l'enceinte de l'université de Jussieu. Les conditions de cette évacuation posent encore question.

Occupation

Le 28 février dernier, des étudiants ont décidé de loger dans l'urgence, à cause de la vague de froid, entre 25 et 30 réfugiés qui dormaient dehors, notamment dans un camps du côté de La Villette (Paris 19e). Certains de ces étudiants réalisant leurs études à Jussieu, les réfugiés ont été amenés à 11h à l'université dans un préfabriqué désaffecté, inutilisé et destiné à la démolition. La police ayant été rapidement prévenue, arrive sur les lieux. Une délégation se forme alors pour négocier avec la direction de l'université.

Négociation difficile

La demande de la délégation était de laisser les réfugiés dans le préfabriqué en attendant une solution d'hébergement pérenne. « Elle [l’Université] s’est également employée à ce qu’une solution d’hébergement soit proposée par les autorités publiques » selon la direction de l'Université. Des places dans un centre d'accueil humanitaire ont, par la suite, été proposées aux réfugiés. « Depuis la circulaire Collomb et les contrôles rendus possibles dans les centres d'accueil, la crainte des associations était que les réfugiés préfèrent rester dans la rue. Plusieurs étaient sous le coup de la procédure Dublin. Ça a été expliqué à la présidence de l'université qui a gardé une position très légaliste » explique un membre de RESOME (Réseau Etudes Supérieures et Orientation des   Migrant.e.s et Exilé.e.s) dont un d'entre eux était dans la délégation.

Position « fermée »

Selon RESOME, pour mettre fin à la situation, la direction de l'université a été ferme et claire, les réfugiés avaient le choix entre quitter les lieux immédiatement et librement, ou se faire évacuer par la Police. Outre cet ultimatum, aux alentours de 15h, l'université a été complètement fermée, possiblement pour mieux contrôler les accès. Entre 16h30 et 17h, après l'arrivée des cars de CRS, les réfugiés ont été évacués. Certains sont retournés dehors, d'autresont été emmenés par les étudiants à l'Université Paris 8 (Saint-Denis) où des réfugiés sont déjà installés.

Rassemblement

Mercredi dernier (7 mars), les étudiants organisaient un rassemblement pour dénoncer ces faits : « C'était le rassemblement de la honte ! Une délégation est allée voir la présidence (…) mais elle a  surtout eu la sensation de ne pas avoir été écoutée sérieusement » selon un membre de RESOME. La délégation souhaitait, entre autre, obtenir la possibilité d'avoir une salle libre pour donner des cours de soutien en langue française aux réfugiés. La direction de l'université de Jussieu aurait botté en touche...

Malgré l'issue, l'évacuation et la mobilisation ont eu un impact sur les étudiants de Jussieu, pas réputée pour la plus « politisée » des universités selon RESOME : « La mobilisation a touché l'opinion (…) Beaucoup de gens ont envie de faire des choses pour les réfugiés. La fac ne pourra pas faire la sourde oreille encore longtemps ».

Charly Célinain

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