Maroc.Mohammed VI. Opération Mani Pulite - Acte I

Le Premier président de la Cour des Comptes, Driss Jettou, présentant au Roi Mohamed VI, mardi 24 octobre 2017 au Palais Royal à Rabat, le rapport d’évaluation relatif au programme de développement territorial de la province d’Al Hoceima Manarat Al Moutaouassit. AIC PRESS

La purge opérée par Mohamed VI dans le rang des ministres et autres responsables va-t-elle calmer la grogne des Marocains à l'encontre de la classe politique ? 

Coup de tonnerre dans le ciel de Rabat. Mardi 24 octobre, Driss Jettou le premier président de la Cour des comptes n’a pas achevé la lecture de son rapport sur le programme « Al Hoceima Manarat Al Moutawassit » devant le roi Mohammed VI que celui-ci a décidé de limoger plusieurs ministres en exercice et un haut fonctionnaire en raison du retard pris dans l'exécution du projet de développement d'Al Hoceima, épicentre de la contestation dans le Rif.

Mis à part, un ou deux profils, on ne regrettera pas les responsables qui ont été exécutés sur l’échafaud de l’impéritie et de l’incompétence.

Quant aux autres, ceux qui ont été plongés dans l’anonymat, ils ne perdent rien pour attendre puisqu’ils sont inscrits sur une liste noire qui leur barre désormais et pour l’éternité l’accès aux postes de responsabilité.

La « révolution citoyenne » du monarque a été accueillie par la rue comme un soulagement sans nom. Le soir même de l’annonce de la purge, les rues de Casablanca étaient prises d’une fébrilité inhabituelle, les gens avaient bien regardé les informations à la télévision nationale, véritable « voix de son maître » que l’on ne saurait contredire mais cette forte bouffée d’oxygène inédite exigeait confirmation.

Surtout que le tremblement de terre renversait ni plus ni moins une tradition bien marocaine, à savoir l’impunité et l’absence absolue de réédition des comptes. D’autant plus que cette exception marocaine qui aura durablement plombé le royaume n’a jamais été remise en question même dans les crises les plus aiguës de l’histoire de ce pays.

Une gifle bien sentie à ces élites politiques et du monde des affaires qui attendent toujours du monarque qu'il dispense la providence, voire les bienfaits de la munificence d'État et qui se hâtent pourtant de se dérober de leurs responsabilités.

Le plus grave dans tout cela, c’est que la classe politique qui a depuis longtemps tourné le dos à l'exercice d'une réelle participation démocratique a fini par récolter le fruit de ses erreurs, à savoir une population rompue à l'absentéisme électoral, à l'incivisme, à l'indifférence à tout sauf aux devoirs citoyens.

D’où le recours et le goût répandu pour le clientélisme, la triche sociale, et la fraude en tout genre. Car aujourd’hui, « le peuple » marocain désillusionné par des décennies  de promesses électorales intenables, dans sa majorité ne vaut pas mieux que la classe politique qu’il rêve constamment de voir sur l’échafaud.

Ceci dit, le chef de l’Etat, avec en poupe le vent de ses réformes bien engrangées, a comme principal atout, la montée d’exigences de transparence et de moralisation.

Entre essor des phénomènes de prédation et besoin de transparence, le roi a pris le parti de ne pas céder à la tentation populiste du « tous pourris » qui jette sur tous les responsables une suspicion généralisée et peut conduire à l'impasse politique.

C’est pour cela qu’il a tenu à donner au gouvernement actuel le feu vert pour continuer son travail. Rien de tel pour restaurer la confiance des citoyens.  En attendant l’acte deux qui consiste en des « mesures disciplinaires prises à l’égard de quatorze autres fonctionnaires de l’administration » et de hauts gradés de l’armée et de la gendarmerie.

Abdellatif El azizi

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