Maroc.Nécrologie mondaine : Mort du couturier des grands

FRANCE , Neuilly -sur-Seine, devant l'église Jean- Baptiste le 10 Avril 2015 : Des proches de Francesco Smalto portant le cercueil du designer italien, mort à l' âge de 87 ans à Marrakech, le 6 avril. BERTRAND GUAY/AFP

 

C’est un grand couturier, couturier des grands qui vient de dire adieu au monde, laissant le monde du luxe dans le désarroi. Francesco Smalto a eu une belle mort, choix délibéré ou hasard des choses, le célèbre tailleur s'est en tout cas, tranquillement éteint à Marrakech dans sa suite à l’hôtel de luxe La Mamounia, ce dimanche 5 avril 2015. Une manière bien élégante de tirer sa révérence. La ville ocre a d’ailleurs recueilli le dernier souffle de bien d’autres grands noms de la couture comme Yves Saint Laurent ou encore tout récemment le tailleur français Jean-Louis Scherrer.

 

Celui qui fut le tailleur attitré du roi Hassan II est un habitué du royaume. Non seulement sa splendide boutique du quartier place Pietri de Rabat ne désemplissait pas, carrefour incontournable de la jet set marocaine qui venait faire ses emplettes de costumes de luxe à l’époque où les frontières étaient hermétiquement fermées, mais de plus l’arrivée du couturier dans la capitale créait une fébrilité sans précédent.

Après avoir pris les mesures de l’ex monarque (le styliste italien imposait à ses clients une prise de mesure unique), le couturier avait ses entrées dans tout Rabat et ne refusait pas de partager la table des personnalités de l’époque. Ambassadeur de l’habit d’exception, Smalto attirait sur Rabat, les hommes de pouvoir et politiques du cru comme il séduisait les ambassadeurs accrédités ou les diplomates de passage. Beaucoup de chef d’états africains préféraient d’ailleurs se faire prendre les mesures dans les bureaux marocains du couturier beaucoup plus discrets que ceux de la rue Boétie à Paris (il se raconte  que tous les chefs d’Etat africains passaient par son atelier).

Son succès? Il le doit d’abord aux tissus d’exception qu’il commandait à chaque saison chez les tisserands britanniques, Holland & Sherry. Le disciple de Christiani, Camps, et même Harris à New York avait imposé sa griffe en 1962 dans le 8e arrondissement de Paris en faisant du costume sur mesure un objet de collection qui alliait luxe mais aussi confort et liberté de mouvement. C’est d’ailleurs Françoise Sagan qui a trouvé les mots les plus justes pour décrire celui qui a fait rêver les grands hommes de ce monde n’hésitant pas à dire de lui qu’il était «un de ces rares hommes qui peuvent mêler le luxe et la sobriété, le quotidien et l’éclat. C’est un artisan et un seigneur».

Abdellatif El azizi

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