France.Nomination de Rokhaya Diallo et Axiom au Conseil national du numérique, une semaine de polémique

Rokhaya Diallo, militante française féministe et antiraciste. PHILIPPE HUGUEN / AFP

Depuis une semaine, les noms de Rokhaya Diallo et Axiom ont agité les réseaux sociaux et la presse. Tous les deux ont été nommés, puis presque aussitôt évincés, du Conseil national du numérique. La polémique désenfle à peine. Retour sur la chronologie des « faits ».

Il y a tout juste une semaine, le 11 décembre, on apprenait la nomination de Rokhaya Diallo, militante féministe et antiraciste qui officie notamment sur « Touche pas à mon poste », et celle du rappeur Hicham Kochman, aka Axiom, au Conseil national du numérique.

Au total, 30 membres bénévoles ont été nommés au sein de cette instance gouvernementale. Les autres noms, parmi lesquels une réalisatrice, une agricultrice et des entrepreneurs, n’ont par ailleurs pas suscité grande réaction…

Racisme d’Etat

A l’annonce de la nomination de Rokhaya Diallo et Axiom, des voix se sont rapidement élevées, à droite mais aussi à gauche, dans ce que l’on nomme la « réacosphère ». Selon Le Figaro, plusieurs membres du gouvernement se seraient « inquiétés » de la présence de la militante antiraciste et féministe au sein du Conseil. Aucun nom n’a filtré dans le journal.

En revanche, il y a le nom de la députée des Républicains, Valérie Boyer, qui a envoyé une lettre publique au Premier ministre dans laquelle elle appelle Rokhaya Diallo la « féministe décoloniale » à qui elle reproche, entre autres, de « considérer le voile comme un marqueur de féminité » et d’avoir signé une pétition « contre le soutien à Charlie Hebdo ».

Pour couronner le tout, même si ce n’est pas clairement évoqué dans la lettre de Valérie Boyer, Rokhaya Diallo n’a pas peur de parler de cette notion qui fait hurler bon nombre de politiques : le racisme d’Etat.

Concernant Axiom, la députée des Républicains fait ce que les politiques font de mieux quand ils s’en prennent aux rappeurs : extraire des phrases d’un de leurs textes, en l’occurrence celui-là date de 2006. « J’m’appelle Hicham, pas Stéphane, voilà qui dérange les porcs ».

Conception de la démocratie

Les deux principaux intéressés ont répondu sur twitter. « Je n’ai pas le droit de collaborer avec les institutions de mon propre pays parce que j’ose dire publiquement qu’elles sont imparfaites ? Quelle étrange conception de la démocratie », a réagi Rokhaya Diallo. De son côté, Axiom a indiqué avoir demandé à son avocat de donner au courrier de la députée Valérie Boyer « la suite judiciaire qu'il mérite ».

Normal

Deux jours plus tard, le secrétaire d’Etat du numérique rétropédale et demande finalement le départ de ces deux personnes, arguant du fait que le Conseil du numérique « a besoin de sérénité pour travailler ». Dans un communiqué, Mounir Mahjoubi dit avoir « demandé » à Marie Ekeland, qui se trouve à la tête du Conseil national du numérique et qui a donc choisi les membres de cet organe, « de proposer une nouvelle composition » de son équipe. Nouvelle composition qui doit d’ailleurs être annoncée cette semaine.

Une décision qui a, sans surprise, été saluée par Manuel Valls qui a trouvé sur Twitter « normal » que le gouvernement évince Rokhaya Diallo.

Pendant ce temps, les internautes se mobilisent et signent une pétition, via le site change.org, pour dénoncer l’éviction de la militante et du rappeur. Près de 5 000 signatures ont été recueillies en quelques jours. 

Chloé Juhel

Pour signer la pétition contre le départ de Rokhaya Diallo et Axiom du Conseil national du numérique, cliquer ici

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