Algérie.Ouyahia s’excuse auprès des Saoudiens

Censé rapprocher les peuples, le football a failli déclencher une crise diplomatique entre Alger et Riyadh. En cause ? Une banderole géante affichant une image mêlant les visages du président américain et du roi d’Arabie saoudite, déployée le 15 décembre par des supporters d’un club chaoui, AS Ain Mlila, à l’est du pays, et sur laquelle on a écrit : « two faces of the same coin », (les deux faces de la même pièce en français). 

Un tifo jugé offensant au roi Salmane par la presse saoudienne qui a commenté en long et en large cet acte malheureux. Soucieux de garder des relations amicales avec les Saoudiens, le gouvernement algérien  a vite fait d’étouffer cette polémique en présentant ses excuses. Et c’est le Premier ministre Ahmed Ouyahia qui s’en est chargé mercredi 20 décembre, en profitant de la visite en Algérie  du président du Conseil de la Choura saoudienne, le Dr. Abdallah Ben Mohammad Ben Ibrahim Al-Cheikh.  

C’est du moins ce qu’a annoncé l’ambassadeur d’Arabie saoudite sur son compte twitter en écrivant : « « Le Premier ministre algérien a déclaré (...) que les dirigeants, le gouvernement et le peuple algériens s’excusaient pour les actes irresponsables dans un stade, qui ne reflètent pas l’opinion du peuple algérien ». Le gouvernement algérien n’a pas jugé utile de communiquer sur ses excuses présentées aux Saoudiens de peur, peut être,  de froisser l’amour propre d’une bonne partie de l’opinion publique algérienne.

Mardi déjà, le ministre algérien de la Justice, Tayeb Louh, a qualifié l’incident d’« acte isolé et individuel » tout en annonçant une enquête sur cette affaire.  « Le procureur de la République, territorialement compétent, a ordonné l’ouverture d’une enquête sur l’incident de la banderole portant atteinte au souverain saoudien, déployée au stade de Ain M’lila (Oum El Bouaghi) », a-t-il confié à l’agence officielle avant de préciser : « Le peuple algérien “attaché aux valeurs de fidélité et de loyauté est hostile à l’atteinte à ses frères, particulièrement ceux qui l’ont soutenu durant sa Guerre de libération pour le recouvrement de sa souveraineté nationale ».

De son côté, la Ligue algérienne de football professionnel (LFP) a, elle aussi, ouvert une enquête sur cette affaire. C’est dire la panique qui a gagné les autorités algériennes qui ne veulent pas d’un différend avec Riyadh, un acteur très influent sur la scène arabe.

Des sanctions ont été d’ailleurs prises à l’encontre de nombre de responsables de la wilaya d’Oum El Bouaghi dont dépend administrativement Ain Mlila.

Selon le quotidien arabophone "Echourouk ", le chef de la sureté de la wilaya d’Oum El Bouagui et le chef de la sureté de la daïra d’Ain Mlila ont été limogés. Mieux, le wali d’Oum El Bouaghi et le chef de daïra d’Ain Milia peuvent eux aussi faire les frais de cette affaire.

Yacine Ouchikh

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