France.Plus d'un an après l'attentat de Nice, Hanane Charrihi, fille de victime, veut « aider les autres »

« Ma mère patrie : face aux attentats restons unis », un livre de Hanane Charrihi, fille de Fatima Charrihi, une victime de l'attentat survenu le 14 juillet à Nice.

Le 14 juillet 2016, l'attentat de Nice faisait de nombreuses victimes. Ce soir-là, parmi les victimes, Fatima Charrihi. Début janvier 2017, dans un livre intitulé « Ma mère patrie : face aux attentats restons unis », sa fille, Hanane, rend un hommage vibrant à sa mère, raconte son chagrin tout en délivrant un message de paix. Présentant son livre à Nantes, lors d'une rencontre dans le cadre du festival Tissé Métisse (2 décembre), plus d'un an après les faits, Hanane Charrihi nous parle avec apaisement de la période post-attentat.

Quand avez-vous pris la décision d'écrire ce livre ?

Après les événements du 14 juillet 2016, le sentiment immédiat c'est la tristesse, l'incompréhension. Un énorme choc qui a chamboulé toute ma vie, j'ai pris un grand virage. Le soir même, je me suis dit, il faut que j'en parle au monde entier. Il faut que je décrive qui était ma mère qui n'avait rien à voir avec son meurtrier, qui, a priori, pratiquait la même religion qu'elle, alors que ce n'est pas du tout le cas. D'un point de vue thérapeutique et psychologique, ça m'a fait beaucoup de bien d'écrire ce livre. De mettre des mots sur les maux. Mais même avant, quand j'étais au lycée, j'aimais écrire donc c'est une forme qui m'a toujours attirée. 

Etait-il primordial pour vous de bien rappeler que le meurtrier n'avait rien à voir avec l'Islam ?

Un fou n'admet pas qu'il est fou donc ça ne sert à rien de les appeler comme ils veulent qu'on les appelle. Ce sont juste des psychopathes. Ils se proclament Etat Islamique alors que ça n'a rien à voir avec l'Islam. L'Islam interdit de tuer. Cette personne qui se proclame musulmane... Avec ces nouveaux termes qui sont apparus avec Nice comme la radicalisation express... franchement celle-là, je ne l'avais jamais entendue ! Plus ça va, plus c'est ridicule. 

Avez-vous reçu beaucoup de soutien, que ce soit de la part de la population ou des pouvoirs publics ?

Après les attentats oui, énormément. Que ce soit de la mairie, de l'Etat... Après les attentats, je dis bien après, il y a eu un élan de solidarité, de compassion. Hormis les propos racistes auxquels j'ai pu être confrontée mais ceux-là restent minoritaires. Tout ce que l'Etat a mis en place post-attentat c'est vraiment remarquable. Jusqu'à aujourd'hui des psychologues nous suivent si nous en avons besoin. Mais même au niveau administratif, juridique, médical, nous avons ce soutien, toujours là.

Malgré tout, vous insistez bien sur le « après les attentats »...

La mairie, après les attentats, c'était très bien mais avant, la sécurité était insuffisante. Il faut dire ce qui est, je n'ai pas peur de le dire. Évidemment je ne m'avance pas trop là-dessus par ce que j'attends les éléments de l'enquête. Je fais quand même confiance à la justice française. Mais des photos ont circulé, avec peu de barrières de sécurité, peu de policiers... Toutes les familles de victimes de Nice attendent pour savoir qui a fauté, pour ensuite pouvoir engager une procédure.

Quel est votre quotidien aujourd'hui ?

J'ai repris le travail. Petit à petit, j'ai fait quelques interventions littéraires. Mais j'ai aussi créé une association depuis peu et qui a le même nom que mon livre : « Ma mère patrie ». Association pour le soutien aux victimes de terrorisme et leur famille. Toutes les aides que j'ai pu recevoir, ça m'a beaucoup touchée et aidée, donc pourquoi pas le rendre. Mais aussi la prévention contre la radicalisation. Je veux emmener les jeunes de moins de 25 ans en voyage humanitaire, parce que ça me touche que des jeunes de cet âge là veuillent mourir et emmener des gens avec eux (..) En aidant les autres, on s'aide soi-même.

Propos recueillis par CH. Célinain

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