Tunisie.Polémiques autour d’une radio dédiée à la communauté gay

Du même nom que l’association derrière sa création, « Shams Radio » qui est en réalité une nouvelle web radio dédiée à la communauté LGBTQ en Tunisie, a démarré la diffusion de ses émissions cette semaine, suscitant des réactions allant des félicitations à l’indignation, en passant par l’indifférence.  

Initiatrice du projet, l’association Shams de défense des homosexuels, avec l’appui financier de l’ambassade des Pays-Bas, avait organisé dès le 11 décembre une cérémonie à l’occasion du lancement de la radio dans un grand hôtel de la capitale qui a rassemblé plusieurs activistes des droits humains et notamment des droits de la communauté LGBTQI (lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels, queer et intersexués).

Festive, la soirée a été ponctuée de spectacles de danse et de chants folkloriques, interprétés par des drag queens et des transgenres.

Agacement des chroniqueurs de la plus grande radio nationale

Cette ostentation relayée sur les réseaux sociaux laissait présager des réactions hostiles de certains observateurs nationaux, peu habitués à ce type d’évènements en dehors de la scène alternative du monde de la nuit.

Et ce fut le cas dès le lendemain où les réactions ont fusé sur un plateau animé par Amine Gara, animateur vedette d’un prime time de Mosaïque FM, et Wassim Migalo l’un des plus célèbres humoristes de la place, particulièrement irrité par l’évènement.

Le premier a en effet comparé le lancement de la radio au « lancement possible, demain, d’une radio à caractère raciste », le second a menacé de personnellement « poursuivre en justice, quitte à passer pour un frère musulman » les fondateurs du projet, raillant le fait que la radio se prévaut d’être la première du genre dans le monde arabe, et tout en soulignant que la même semaine, une radio coranique avait fait l’objet d’une saisie pour défaut de visa.

Pour trancher sur la légalité de la chaîne, l’animateur a contacté par téléphone en direct l’un des membres de la HAICA, la haute autorité de l’audiovisuel en Tunisie, afin de s’expliquer sur les modalités de ce lancement. Hichem Snoussi a d’emblée rappelé que la HAICA n’est pas compétente pour se saisir d’une affaire hors ondes FM, et que les web radio ne peuvent être contrôlées que par l’appareil judiciaire classique.

Interrogé sur ses convictions personnelles sur la question, le responsable de la HAICA a enfin refusé de s’exprimer à titre subjectif, « afin d’éviter toute confusion avec son statut ».

Ce n’est en réalité pas la première fois qu’une web radio gay voit ne jour en Tunisie, même si cette fois le projet semble plus pérenne, fort du soutien européen. Dès mars 2012, un projet du même voyait en effet le jour, diffusant seulement lors de créneaux horaires limités.

S.S

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