Proche-Orient. Washington n’insistera plus sur la solution à deux États

La solution à deux États, notamment le partage de Jérusalem, sert depuis des décennies de référence à la communauté internationale pour tenter de trouver un accord de paix au Proche-Orient.

La Maison Blanche a marqué une rupture majeure mardi soir sur le règlement du conflit israélo-palestinien en annonçant ne plus être arc-boutée sur la solution à deux États, à la veille d'une rencontre entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu. Cette solution sert depuis des décennies de référence à la communauté internationale pour tenter de trouver un accord de paix au Proche-Orient.

Renoncement majeur

À la veille de la première rencontre officielle dans le Bureau ovale entre le président américain et le premier ministre israélien, un responsable de la Maison Blanche a signalé une rupture avec ce principe : il a expliqué que les États-Unis n'insisteront pas sur une solution à deux États entre Israël et les Palestiniens.

« Une solution à deux États qui n'apporte pas la paix est un objectif que personne ne cherche à atteindre », a déclaré ce responsable. « La paix est l'objectif, que cela soit sous la forme d'une solution à deux États si c'est ce que les parties veulent, ou quelque chose d'autre si les parties le veulent », a-t-il précisé. « Nous ne dicterons pas les termes de ce que sera la paix », a-t-il insisté.

Ce changement pourrait constituer une évolution majeure dans ce conflit qui dure depuis 1948. Le principe de deux États « vivant côte à côte en paix et en sécurité » a été défendu depuis un demi-siècle par tous les présidents américains, démocrates comme républicains. Washington joue en effet depuis des décennies le rôle d’arbitre entre les deux parties, malgré son statut de principal allié d’Israël. En gardant le cap sur la solution à deux États, les administrations américaines successives ont toujours fait en sorte de freiner les ardeurs colonisatrices d’Israël.

Une « chance formidable » pour Israël

Pendant la campagne, Donald Trump s'était clairement affiché pro-israélien, tout en affirmant que s'il était élu il présiderait à un accord de paix entre l'État hébreu et les Palestiniens. M. Netanyahu, qui avait vu dans la victoire de son « ami, le président Trump » une « chance formidable » pour Israël, devra toutefois confronter les promesses du milliardaire américain avec la réalité encore floue de sa politique sur le conflit israélo-palestinien.

Le chef du gouvernement israélien subit la pression de la frange la plus dure de son gouvernement de droite et favorable à l'annexion d'une partie de la Cisjordanie occupée. Il devait présenter à Washington « la solution à deux États comme une vision et esquisser, en attendant, de possibles accords intérimaires acceptables par les Palestiniens », avait indiqué son conseiller diplomatique Michael Oren avant de se rendre à Washington.

Un président américain sans vision

Le président Trump a toutefois modéré ses propos de campagne après son entrée à la Maison Blanche le 20 janvier. Il a notamment tenté de poser des limites à la colonisation dans les Territoires palestiniens qui avait été relancée tambour battant par Tel-Aviv. Il a également prévenu vendredi dans un journal israélien que l'expansion des colonies n'était « pas bonne pour la paix ». Mais ce « n'est pas suffisant », a taclé le numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) Saëb Erakat, avant les déclarations du responsable de la Maison Blanche.

Pour Robert Satloff, analyste au Washington Institute for Near East Policy, « vu le fossé sans précédent entre les deux camps, les conditions d'un accord de paix ne sont pas réunies ». L'expert conseille à Washington une politique des petits pas entre Israël et les Palestiniens, plutôt que de « pousser pour la reprise de négociations bilatérales à la recherche d'une solution globale » au point mort depuis près de trois ans.

Rached Cherif

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