Religion.Macron se lance dans une vaste réforme de l’islam de France

En visite à la mosquée de la Zitouna à Tunis le 1er février courant, Emmanuel Macron avait pris le temps de converser avec les cheikh de l'institution

Formation des imams, financement, instances… le grand chantier de Macron s’agissant de l'islam de France se donne pour ambitieuse mission de « repenser son organisation ». Le défi est de taille pour le président français, mais sonne comme du déjà-vu.

Le président de la République veut « poser les jalons de toute l’organisation de l’islam de France » au « premier semestre 2018 », assurant dans un entretien avec le Journal du dimanche (JDD), le 11 février, qu’il va « continuer à consulter beaucoup »« Ma méthode pour progresser sur ce sujet, c’est d’avancer touche par touche, a déclaré Emmanuel Macron à l’hebdomadaire. Je ne dévoilerai une proposition que quand le travail sera abouti. »

« Je vois des intellectuels et des universitaires, comme Gilles Kepel, des représentants de toutes religions car je considère que nous devons nous inspirer fortement de notre histoire, de l’histoire des catholiques et de celle des protestants », a détaillé Macron, citant le moderniste tunisien « Youssef Seddik, comme d’autres intellectuels et toutes sortes d’acteurs, tels que l’Institut Montaigne, qui ont pris des initiatives sur cette question ».

Il estime qu’il y a un risque à « brandir des objets connotés » ou à « faire des raccourcis en plongeant tout le monde dans un même sac ». « Il y a une question qui est celle de l’organisation. Mais il y a une autre question, qui est celle du rapport entre l’islam et la République. »

Réviser la loi de 1905 ?

Dans l’article, la piste d’un « un nouveau concordat » est envisagé par certains, même si le chef de l’Etat n’y semble pas personnellement favorable. La recherche d’une solution pour « retrouver ce qui est le cœur de la laïcité, la possibilité de pouvoir croire comme de ne pas croire » pourrait passer par une révision de la loi de 1905.

La présidente du Front national Marine Le Pen, a jugé que ces pistes de réflexions sont « insupportables, inadmissibles ». Invitée de l’émission « Le grand rendez-vous Europe 1-Les Echos-CNews », elle a suggéré d’imposer « l’arrêt total du financement étranger des mosquées ».

Pour le politologue Vincent Geisser, spécialiste du monde arabe, Macron ne fait qu’opérer au contraire « une marche arrière pour l'islam à la papa, voire à la grand papa ! »

Emmanuel Macron annonce qu'il veut réformer l'islam de France en s'appuyant sur des intellectuels comme Gilles Kepel (l'homme qui prophétise le djihadisme comme nouvelle utopie des banlieues françaises) et Hakim Karoui (celui a écrit le dernier discours du dictateur Ben Ali un jour avant sa sa chute) ! Le président moderne qui s'appuie sur les recettes de "l'islam à la papa". En deux mots : penser l'islam de France à la place des musulmans français ! Une belle continuité dans les méthodes paternalistes et autoritaires qui caractérisent la gestion de l'islam de France depuis plus de 100 ans !

Décidément, Marcron, c'est bien la "République en marche arrière toute ! », déclare le chercheur français, bien narquois.

En marge d'une visite en 2016 le Loiret, Nicolas Sarkozy avait fanfaronné : « C'est moi qui ai créé le Conseil français du culte musulman, moi qui ai inventé l'expression islam de France ». En l’occurrence, il y a en effet de troublantes similitudes.

Seif Soudani

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