Société.Loi « Asile et immigration » : ça ne passe toujours pas

Manifestation contre le projet de loi « Asile et immigration », organisée par le Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants (BAAM), le 15 avril 2018, devant l’Assemblée nationale à Paris. Crédit photo : Charly Célinain

Alors que les débats sur la loi « Asile et immigration » débutent cette semaine à l’Assemblée nationale, les opposants manifesteront toute la semaine.

Non

« Pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons les centres de rétention », scandaient les personnes présentent hier (15 avril), lors de la manifestation contre le projet de loi « Asile et immigration », organisée par le Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants (BAAM).

Travailleurs de l’asile, associations de soutien aux migrants et collectifs de migrants, tous étaient réunis devant l’Assemblée nationale pour le départ d’un trajet vers le Sénat.

Le but de ce rassemblement était clair et verbalisé par un représentant du collectif sans-papiers CSP 75 : « Nous sommes là, tout simplement pour que le projet de loi soit retiré. La lutte continue ».

>> Lire aussi : Projet de loi « Asile et immigration » : une loi superflue ?

Des membres du CSP75 et Héloise Mary (G) du Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants (BAAM), organisateur de la manifestation contre le projet de loi « Asile et immigration », le 15 avril 2018, à Paris. Crédit photo : Charly Célinain

Etrangers séropositifs

Parmi les collectifs présents, l’Ardhis, qui se bat depuis vingt ans pour les droits des étrangers et notamment LGBT. Pour Eva, membre de l’Ardhis, les cas des personnes étrangères séropositives semblent bien trop vite expédiés :

« Il y a énormément de rétentions et d'expulsions pour les personnes séropositives (...) Il faut que ça change. Il n'est pas possible pour ces personnes-là, d'avoir le traitement adéquat dans les pays où ils sont renvoyés ».

Des enjeux vitaux qui ne semblent pas assez pris en compte lors de la décision d’appliquer une obligation de quitter le territoire français.

>> Lire aussi : Etrangers malades : une procédure pas si efficace

Manifestation contre le projet de loi « Asile et immigration », le 15 avril 2018, à Paris. Crédit photo : Charly Célinain

Recensement

Saisi par plusieurs associations concernant la circulaire « Collomb » sur le recensement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence, le Conseil d’Etat ne l’a pas suspendue mais en a limité les conditions d’application.

Né en octobre 2017, le collectif des travailleurs de l’asile se bat contre cette circulaire du 12 décembre 2017 dont les effets ont été visibles presque immédiatement : « Dans les jours qui ont suivi, la préfecture de Paris notamment, ont envoyé un mail aux travailleurs sociaux demandant de remettre une feuille de convocation en vue d'expulsion et de signer une feuille d'émargement pour bien prouver qu'ils avaient reçu la convocation pour être expulsés ».

Pour le collectif des travailleurs de l’asile, cette circulaire n’est rien d’autre qu’un outil de tri pour faciliter l’expulsion de migrants.

Toute cette semaine, les opposants au projet de loi « Asile et immigration » vont multiplier les manifestations (les 16 et 19 avril notamment) pour tenter d’influencer les parlementaires.

>> Lire aussi : Asile et immigration : un rapport inquiétant

Manifestation contre le projet de loi « Asile et immigration », le 15 avril 2018, à Paris. Crédit photo : Charly Célinain

Charly Célinain

LES SERIES DU MAGAZINE

CHRONIQUES

24 HEURES AVEC

EDITOS

ON A TESTE

VOYAGES

IL RACONTE

Articles les + lus


Agenda


TERROIR

×

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies qui permettront notamment de vous offrir contenus, services, et publicités liés à vos centres d'intérêt.

Fermer