Tunisie.Le secteur de la presse négligé par la justice transitionnelle ?

Néji Bghouri, avec à sa gauche l'historien Abdeljelil Temimi

« Le processus de la justice transitionnelle n’a pas englobé le secteur de la presse », a regretté ce weekend le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Néji Bghouri, au moment où le mandat de l'IVD touche à sa fin.

Le Syndicat avait pourtant présenté à l’Instance Vérité et Dignité un dossier sur les violations commises contre la presse sous l’ancien régime sans pour autant avoir une suite favorable à ce sujet, a-t-il reproché dans son témoignage lors d’un séminaire sur la mémoire journalistique et la réforme du secteur de l’information organisé samedi par la Fondation Temimi pour la recherche scientifique et l’information.

Dès son Congrès de 2011 au lendemain de la révolution, le SNJT, pricipale centrale syndicale des journalistes, avait recommandé l’élaboration d’une liste noire des journalistes véreux et impliqués dans la rédaction de rapports compromettant leurs collègues, tandis que la Fédération internationale des journalistes (FIJ) avait jugé préférable de régler cette question dans le cadre du processus de la justice transitionnelle, a-t-il indiqué.

« Le SNJT attend jusque-là sa convocation par l’IVD pour livrer son témoignage à ce sujet », a-t-il souligné, d’un air sceptique, tout en rappelant que la présidente de l'instance est elle-même une ancienne journaliste.

D’après Bghouri, le Syndicat national des journalistes tunisiens n’avait pas réussi non plus à obtenir de la présidence de la République, à l’époque sous mandat de l’ancien président Moncef Marzouki, une liste officielle de ces journalistes et un bilan de l’argent dépensé sous l’ancien régime pour « acheter la conscience des journalistes », notamment dans le cadre de l’Agence tunisienne pour la comunication extérieure (ATCE).

Le non règlement du passé, une menace pour l’avenir de la profession

Néji Bghouri a mis en garde à ce propos contre le retour de la machine de la répression et l’adoption, selon lui, par la présidence de la République et le gouvernement des mêmes pratiques utilisées sous l’ancien régime.

Le clientélisme institutionnel, les invitations sélectives et les propositions de loi liberticides, « à l’instar du projet de loi proposé par Nidaa Tounes et relatif à la criminalisation de la cyberdiffamation », constituent ainsi pour lui autant de signes avant-coureurs qui laissent à penser que le retour des mêmes anciennes politiques semble inévitable.

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