France.Un rapport pointe le fiasco de la déradicalisation

Esther Benbassa, sénatrice EELV : " Les associations se sont lancées dans la déradicalisation parce qu’il y avait de l’argent ! ". AURÉLIEN MORISSARD / CITIZENSIDE / AFP

Elles sont deux parlementaires à s’être penchées attentivement sur le concept de déradicalisation pratiquée par certaines associations et experts au lendemain des attentats de 2015. Le verdict est sans appel. Esther Benbassa, sénatrice EELV, a répondu à nos questions.
 

LCDA : La raison principale de cet échec est-elle l’urgence avec laquelle les pouvoirs publics ont agi ?

Ce n’est pas la seule raison mais cela en fait partie. Il fallait rassurer une population qui était en panique. Nous n’avons pas eu le temps de nous concerter. Nous nous sommes fiés à des experts autoproclamés et nous n’avons pas assez réfléchi. A ceci vient s’ajouter le problème d’une bureaucratie trop lourde qui était loin d’être au point sur la question. D’abord, qu’est ce que la déradicalisation ? Cela n’existe pas, à moins de devoir placer les personnes dans des camps !

LCDA : Vous évoquez des associations inefficaces et des experts autoproclamés…

Les associations se sont lancées dans la déradicalisation parce qu’il y avait de l’argent ! Or elles n’ont pas été évaluées. Leurs cahiers des charges n’a pas été étudiés. Attention, je ne dis pas que toutes les associations ont mal fait leur travail. Certaines, plus petites, réalisent un véritable travail de terrain.

LCDA : Pouvez-vous nous dire de qui vous parlez précisément ?

Je ne donne pas de nom car je ne veux pas de procès. Lorsque quelque chose ne marche pas, il est de mon devoir de politique de rendre des comptes à la population.

LCDA : Que faire pour lutter efficacement contre le terrorisme alors ?

Il faut, mieux sélectionner les associations, mieux évaluer le nombre de radicalisés, revoir le principe du volontariat pour ces « centres de déradicalisation » qui sont, la plupart du temps, vides. Par ailleurs, l’isolement, le déracinement de ces personnes n’est probablement pas la meilleure idée… Mais surtout, il faut réfléchir au renforcement de la prévention. Ce n’est pas être un « bisounours » que d’évoquer cela. Il faut se centrer sur la réinsertion, l’apprentissage d’un métier... Pour résumer, il faut mettre en place un accompagnement sur mesure.

Propos recueillis par Chloé Juhel

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