Proche-Orient.Iran - 9 personnes tuées en marge de la révolte populaire

"Ceci est ce à quoi ressemble une révolution", peut-on lire dans les réseaux sociaux iraniens pro révolte que ni l'assouplissement des lois sur le voile dans l'espace public, ni les annonces de baisse des prix, n'ont pu calmer

Les manifestations qui secouent plusieurs villes iraniennes depuis six jours s’intensifient et prennent une tournure sanguinaire. Aujourd’hui mardi 2 janvier, la télévision d’Etat iranienne a annoncé que neuf personnes ont été tuées dans la nuit de lundi à mardi, dont six dans la seule ville centrale de Qahdarijan, près d’Ispahan. Trois policiers anti émeutes ont également péri dans l’escalade des affrontements.

Le mouvement, parti jeudi de Machhad, deuxième ville du pays, s’est rapidement propagé à travers le territoire, gagnant Téhéran. Des protestations contre la vie chère et le « pouvoir corrompu » qui sont sans précédent dans le pays depuis neuf ans.

Entre samedi 30 décembre 2017 et lundi 1er janvier 2018, c’est un total de 13 personnes dont dix manifestants qui ont été tuées en marge des rassemblements anti gouvernementaux qui ont eu lieu dans plusieurs grandes villes du pays.

Hier lundi, au cinquième jour du mouvement de protestation contre le gouvernement et les difficultés économiques, un policier a été tué et trois autres ont été blessés par « des tirs d’arme de chasse » à Najafabad, selon un site gouvernemental.

Deux manifestants avaient été tués samedi et huit dimanche soir dans plusieurs villes d’Iran, selon les médias locaux qui peinent à recouper les sources. Un père et son fils ont péri à Doroud à l’ouest du pays quand leur véhicule a été percuté par un camion de pompiers saisi par des manifestants, cette fois selon les autorités.

Des meneurs arrêtés

Plusieurs leaders du mouvement d’insurrection, qui ont évoqué dans leurs slogans l’inspiration par la révolte de 2009 en Iran et la révolution de la dignité en Tunisie, ont été arrêtés lundi soir après un rassemblement dans le centre de Téhéran de petits groupes de manifestants.  

Toujours dans la capitale, la nuit précédente à Téhéran et dans plusieurs autres villes, des manifestants avaient attaqué et parfois incendié des bâtiments publics, des centres religieux, des banques, des voitures de police ou des sièges du « Bassidj », une milice islamique. Des centaines de personnes ont été arrêtées depuis le début des protestations.

Sur la toile, la guerre de propagande des images sévit des deux côtés cependant. Une vidéo circule montrant en effet des forces de l’ordre vandaliser et voler des étalages cosmétiques, mais la scène aurait été filmée par des caméras de surveillance en Amérique latine.

Selon des vidéos mises en ligne par les médias iraniens et les réseaux sociaux, les manifestants ont attaqué et parfois incendié des bâtiments publics, des centres religieux et des banques ou des sièges des bassidjis (milices islamiques du régime). Les manifestants ont aussi mis le feu à des voitures de police.

Pour tenter de limiter l’ampleur des manifestations, l’accès à Internet et aux réseaux sociaux a été restreint par le pouvoir depuis ce week-end. Dimanche après-midi, l’accès à la messagerie cryptée Telegram, très utilisée en Iran, était limité.

Trump a usé du hashtag #Iranprotests à plusieurs reprises, tout en martelant "le monde vous regarde"

Pour Donald Trump qui a réagi plusieurs fois à ce sujet sur Twitter, « les régimes despotiques ne peuvent durer indéfiniment ». Mais ces commentaires sont critiqués y compris dans le camp conservateur US qui met en garde le président américain contre une récupération potentiellement contre-productive du mouvement insurrectionnel iranien.

S.S

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