Maroc. Des socialistes candidats au poste d'ambassadeur à Paris

Fathallah Oualalou, pressenti pour le poste d’ambassadeur du Maroc à Paris, ici avec Bertrand Delanoë maire de la capitale française. Photo Abdelhak Senna / AFP.

Les socialistes marocains entendent bien profiter de la nouvelle conjoncture politique en France marquée par le retour aux commandes du PS pour mettre un des leurs à la tête de l’ambassade marocaine à Paris, d’autant que le poste est vacant depuis des mois. La vague, du 6 décembre 2011, de nominations de nouveaux ambassadeurs a, par miracle, épargné la chancellerie marocaine à Paris.


 

Le premier ambassadeur du Maroc indépendant en France, était Abderrahim Bouabid. Une nomination pour continuer les négociations avec le gouvernement Edgar Faure. Aujourd’hui et 56 ans après cet événement, des socialistes caressent le rêve de succéder au fondateur de l’USFP à la représentation diplomatique du royaume à Paris.

Le poste est alléchant. Une occasion pour certaines têtes d’affiche de cette formation de se reconvertir à la diplomatie après un passage à vide ou de terminer une riche carrière politique avec le titre d’ambassadeur à Paris.

El Yazghi et Oualalou en course

Deux noms émergent du lot : Mohamed El Yazghi, né en 1935 à Fès, et Fathallah Oualalou, né en 1942 à Rabat. Le premier, après des années passées à l’opposition, scellait, en 1998, sa réconciliation avec le régime, occupant le très convoité ministre de l’Urbanisme, un domaine réservé jusque-là au département de l’Intérieur.

Un poste qu’il a gardé pendant neuf ans avant d’accepter un autre de moindre calibre, ministre d’Etat sans portefeuille sous le cabinet Abbas El Fassi (2007-2011). Même s’il a l’handicap de l’âge, l’homme dispose de solides relations au sein du PS français, y compris le président François Hollande.

Fathallah Oualalou a plus de chance d’occuper ce poste qu’El Yazghi. Sa relation avec le palais est bonne. Paris est réputé pour être confié aux hommes ayant la confiance de la monarchie.

« C’est justement cette proximité qui lui avait défrichée le terrain, au lendemain des élections communales du 12 juin 2009, pour accéder à la mairie de Rabat, en dépit des mauvais résultats de l’USFP lors de ce scrutin dans la capitale », se rappelle un cadre de l’USFP.

« Les deux hommes se livrent à une course pour arracher le titre d’ambassadeur à Paris. Le timing du soutien affiché par le clan El Yazghi à une éventuelle candidature de Mohamed Réda Chami à la succession de Radi lors du prochain congrès du parti, prévu en septembre, ne serait pas fortuit. Oualalou nourrit la même ambition », nous confie la même source.

Réserve des Affaires étrangères

Du côté du ministère des Affaires étrangères, « il n’y a rien à signaler. Aucun nom de l’USFP, d’une autre formation ou même sans appartenance politique ne circule pour le moment », indique avec réserve une source à ce département.

Le poste d’ambassadeur du Maroc à Paris est vacant voilà des mois, exactement depuis que Mostapha Sahel a été nommé, le 5 octobre 2011, conseiller du roi.

Une promotion qui avait ouvert la voie à toutes les spéculations sur les noms pressentis pour succéder à l’ancien ministre de l’Intérieur (2002-2006). A l’époque, c’est l’ancien ministre délégué de l’Intérieur, Mohamed Hassar, qui avait les faveurs des pronostics et dans une moindre mesure son collègue aux Affaires étrangères, Taieb Fassi Fihri, actuellement conseiller du roi.

Depuis le gouvernement de l’Alternance, des membres influents de l’USFP ont été promus ambassadeurs.Actuellement, Mohamed Lakhssassi est à la tête de la chancellerie marocaine à Damas, Nouzha Chekrouni, l’ancienne ministre sous les gouvernements Youssoufi et Jettou, est à Otawa au Canada. Et bien avant, Ali Oumlil au Liban.

Mohamed Jaabouk


 

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