5 ans de prison ferme pour le rappeur Swagg man

 5 ans de prison ferme pour le rappeur Swagg man

Déjà incarcéré à Tunis dans le cadre d’affaires internationales d’escroquerie et de blanchiment d’argent, le sulfureux Iteb Zaibet, alias Swagg Man, a écopé aujourd’hui 29 mars de cinq années de prison ferme.

Né à Nice en 1986, fils du poète et parolier tunisien Hamadi Zaibet, le personnage fantasque de Swagg man, qui s’est aussi un temps fait appeler Ryan Sanches, fait l’objet d’un mandat de dépôt depuis juillet 2019. Il fut placé en détention préventive par les autorités judiciaires tunisiennes suite à de nombreuses plaintes pour son implication dans un montage financier complexe ayant fait des dizaines de victimes, notamment parmi ses fans, dans plusieurs pays dont le Canada, la France, l’Algérie, le Brésil et les Etats-Unis.

 

Appel à témoin des victimes du rappeur 

L’art de l’esbrouffe

Après de longs mois d’enquête, lundi 29 mars la Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière s’est donc prononcée en première instance sur le sort du rappeur autoproclamé milliardaire, lui infligeant une amende d’un montant de cent mille dinars, en sus de la peine de prison ferme dont il a déjà passé près de deux ans derrière les barreaux, rapporte des avocats de la défense.

Depuis son interdiction de voyager en 2019, l’homme dit avoir perdu la moitié de sa mystérieuse fortune aux origines suspectes. Il était alors venu « régler quelques affaires » dans sa Tunisie natale, alors qu’il réside en Floride depuis de nombreuses années.

La même source précise que la justice tunisienne a ordonné le transfert d’une somme de 19 millions de dinars (près de 6 millions d’euros) à la trésorerie de l’Etat. Le 29 avril 2019, Swagg Man avait déjà été visé par une interdiction de voyage émise par le juge d’instruction du Pôle judiciaire financier, suite à une enquête ouverte par le parquet auprès du pôle judiciaire financier pour des crimes financiers se basant sur un rapport d’analyses de la Banque centrale de Tunisie.

Selon la version du rappeur, il aurait alors viré depuis la Suisse la somme de 17,6 millions de dinars dans le but de construire une mosquée, un orphelinat et acheter un hôtel. Mais la BCT l’accuse de blanchiment d’argent sous couvert de ce charity business.

C’est à ce moment que les Tunisiens découvrent le look, les tatouages et le jargon caractéristique du personnage qui multiplie les plateaux TV clamant son innocence quelques mois avant son incarcération. Des sorties médiatiques qui coïncident avec la volonté du pouvoir exécutif (sous Youssef Chahed) et judiciaire d’engager une guerre contre la corruption qui a depuis fait tomber plusieurs figures publiques affichant des signes extravagants de richesse.

 

Le journaliste Oli Porri Santoro avait mené une enquête sur la passé trouble du rappeur 

 

Seif Soudani