France. Alexis Bachelay. Pourquoi il est important de voter pour la reconnaissance de la Palestine

Alexis Bachelay député PS des Hauts-de-Seine. Photo / AFP

 

Alexis Bachelay est député PS des Hauts-de-Seine. A l’été dernier, il faisait partie des six députés de son parti qui avaient appelé le gouvernement à revenir sur la décision d'interdire une manifestation pro-palestinienne à Paris. Alors que l’Assemblée nationale débattra demain, vendredi 28 novembre, de la reconnaissance de l’Etat palestinien, à travers une proposition de résolution socialiste (qui devrait être adoptée le mardi suivant), Alexis Bachelay nous explique pourquoi il est important de voter pour. 

 

LCDL : A quelques jours du vote, êtes-vous confiant ?

Alexis Bachelay : Comme la gauche est majoritaire à l’Assemblée et que du parti socialiste au parti communiste, en passant par les écologistes et les radicaux, les députés ont appelé à voter pour la reconnaissance de l’Etat palestinien, la résolution, sauf accident, devrait être adoptée par le Parlement. J’aurais souhaité qu’elle le soit le plus largement possible, comme cela a été le cas récemment en Espagne et au Royaume-Uni. Malheureusement, l’immense majorité des élus de droite et du centre ont décidé de voter contre la résolution. Ce qui est bien dommage : la reconnaissance de la Palestine par la France devrait dépasser les clivages gauche-droite. 

En quoi ce vote est important ? 

Aujourd’hui, nous avons 134 pays qui ont déjà reconnu la Palestine comme Etat. En Europe, seule la Suède, le 30 octobre dernier, a franchi le pas. Si le gouvernement français suit le vote du Parlement, la France serait alors le deuxième pays européen à le faire. Et rappelons que les députés européens devront, eux aussi, se prononcer à ce sujet, le mois prochain. Un vote positif du Parlement français pourrait les influencer positivement. Le rôle de la France, qui jouit toujours sur le plan international d’une aura, est de relancer le processus de paix, au point mort depuis de nombreuses années. Par cette déclaration symbolique, la France choisirait le seul camp qui vaille, celui de la paix, de la justice et du droit international.

Cette reconnaissance permettra à la Palestine d’avoir plus de poids dans ses discussions avec l’État d’Israël, de rééquilibrer un peu les forces. Elle permettrait également à la Palestine de mieux défendre ses intérêts devant les instances internationales, comme par exemple devant les cours de justice. Ces derniers mois, l’engrenage de la violence, la reprise des attentats, la poursuite de la colonisation meurtrissent les peuples et attisent la colère. Comme le souligne la résolution, il existe une urgente nécessité d’aboutir à un règlement définitif du conflit permettant l’établissement d’un État démocratique et souverain de Palestine, vivant en paix et en sécurité avec Israël, sur la base des lignes de 1967, avec Jérusalem pour capitale de ces deux États, réciproquement reconnus. 

Pour vos détracteurs, une reconnaissance de l’Etat de Palestine encouragerait l’antisémitisme en France. Pour Meyer Habib, député UDI des Français de l'étranger, elle « importerait le conflit israélo-palestinien en France". Qu’en pensez-vous ?

Je pense que ce sont eux, avec de telles déclarations, qui importent le conflit en France. Ces gens-là considèrent que nous sommes face à un conflit religieux alors que tout est politique : il s’agit d’un conflit pour la terre entre un Etat qui existe et un peuple qui est occupé, colonisé et qui ne demande que la reconnaissance de son Etat. L'immense majorité des Palestiniens aspirent à vivre en paix aux côtés du peuple israélien. Ceux qui ont une lecture religieuse du conflit empêchent le dialogue et la paix qui peut se faire dans la région. Le but, je le rappelle, c’est que les deux Etats puissent vivre en paix. Bien entendu qu'il faut combattre l’antisémitisme partout où il se trouve, mais ceci ne peut pas être un prétexte pour ne pas défendre la cause palestinienne qui est une cause juste. 

Un Etat de Palestine viable et souverain dans les frontières de 1967 où résident 600 000 Colons, ça paraît un peu difficile, non ?

Effectivement, cela est un problème. D’ailleurs, l'arrêt immédiat de la colonisation est un préalable à toutes négociations sérieuses. La grande majorité de ces colonies sont illégales. Par conséquent, le moment venu, elles vont devoir être démantelées (où les Palestiniens devront recevoir des compensations). L’ONU devra, le moment venu, appliquer le droit, sinon, si elle ne le fait pas alors ça sera la loi du plus fort qui dominera.

Propos recueillis par Nadir Dendoune

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