Algérie. Bouteflika libère son projet de révision de la Constitution

FAROUK BATICHE / AFP

 

Pour ne prendre aucun risque, le président Bouteflika a préféré recourir à la voie parlementaire - le vote se fera fin janvier 2016 - pour faire adopter son projet de nouvelle Constitution. 

 

Le président Abdelaziz Bouteflika libère, enfin, son projet de révision de la Constitution. Lancé en 2011 en plein Printemps arabe, le projet a été ajourné à maintes reprises. Ce n’est qu’hier (28 décembre) que le président Bouteflika a enfin validé sa mouture finale à l’occasion d’un « conseil restreint ».

« Le texte sera adressé dans les prochains jours aux personnalités, partis politiques et associations consultés au cours de sa préparation et sera porté à la connaissance de l’opinion publique par la voie des médias », annonce la présidence de la République, dans un communiqué diffusé par l’agence APS.

L’avant-projet de loi sera présenté, selon la même source, dans les prochains jours, en Conseil des ministres. Le président Bouteflika a aussi choisi la voie parlementaire pour faire adopter ce texte. Ce qui était prévisible. Les deux chambres du Parlement, comme pour la révision constitutionnelle de 2008, seront réunis en congrès avant la fin du mois de janvier 2016 pour avaliser le projet.

Ayant échoué à trouver un consensus autour de ce projet, le président Bouteflika semble avoir choisi la voie la plus facile et la moins risquée. Disposant d’une large majorité au sein du parlement (APN et Sénat), le pouvoir n’a voulu prendre aucun risque, d’autant qu’il est sûr de pouvoir réunir les deux tiers des voix parlementaires exigé par la Constitution actuelle pour avaliser le dernier chantier tracé dans le programme du président Bouteflika depuis son arrivée au pouvoir en 1999. Ce qui n’est pas le cas pour le référendum. Surtout que la réaction des électeurs face à ce genre de scrutin reste toujours imprévisible.

C’est connu, les 22 millions d’électeurs algériens ont tendance à tourner le dos aux élections. Une attitude constatée depuis les législatives de 2007 et le taux participation aux élections est toujours très bas. Même durant la dernière présidentielle, il n’a pas franchi  la barre des 50% de participation. Cet indicateur fait, sans nul doute peur, aux responsables de pouvoir. Le recours au référendum est donc une opération très risquée qui sera un véritable camouflet pour le régime et pourrait compliquer davantage  l’impasse politique actuelle.

Yacine Ouchikh  

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