Algérie.Les deux poids deux mesures de l’autorité de régulation de l’audiovisuel

Capture d'écran / La chaîne de télévision privée KBC du groupe El Khabar / Youtube

 

Le directeur de la chaîne privée KBC du groupe El Khabar a été reçu hier (30 juin) par le président de l’autorité de régulation de l’audiovisuel pour se voir signifier un avertissement.

 

L’autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV) est-elle créée pour veiller au respect de l’éthique et de la déontologie où plutôt à servir de pare-feu aux hommes forts du régime contre toute critique ? Au lendemain de la sortie du ministère de la Communication qui a mis en demeure certaines chaînes de télévision privées pour expurger leurs programmes des scènes incitant à la violence, l’Arav présidée par Miloud Chorfi met son grain de sel en brandissant un avertissement devant la chaîne de télévision la plus crédible du pays, El Khabar TV (KBC).

L’écart dont s’est rendue coupable  la chaîne du journal indépendant El Khabar pour subir, seule, les foudres  l’institution de M. Chorfi : La diffusion de deux émissions satiriques, « Djornan El Gosto » et « Allô, oui ! », qui se font un malin plaisir à brocarder le gouvernement et son action.

M. Chorfi souffre que « des noms et des symboles de l’Etat ainsi que de hauts responsables dans différentes structures et institutions de la République sont systématiquement injuriés et tournés en dérision» avant de conclure à des « dépassements répétés dans les émissions en question ». Des « agissements » qui, aux yeux de M. Chorfi, «procèdent d’une violation de la déontologie de la profession et tombent sous le coup des lois sur l'Information et de l'audiovisuel ».

Reçu hier lundi par le président de l’Arav, le directeur de KBC, Ali Djerri, s’est vu signifier un avertissement verbal ! Une mise en demeure qui toutefois, ne semble pas trop affecter le premier responsable de KBC qui a soutenu aujourd’hui sur les colonnes du journal El Khabar que «cet avertissement ne nous dérange pas et ne signifie pas qu’il y a dépassement». « Nos programmes ne contiennent aucune violence ou une quelconque incitation au terrorisme. Il y a de la satire politique et la politique a besoin de ce genre de critique », s’est-il défendu. Ceci dit, Ali Djerri a refusé de voir dans  la  convocation de l’Arav un quelconque harcèlement contre sa chaine. 

Sauf que la démarche de M. Chorfi souffre d’un certain vice de forme. En ciblant la seule chaîne KBC, il suggère subrepticement qu’elle seule est visée par la rodomontade du ministère de la Communication qui, il y a deux jours, a sermonné certaines chaînes privées, sommées de s’éviter toute apologie de la violence.

Hors cette sortie du ministre fait suite à deux dérives  du groupe Echourouk, sa télévision qui, dans sa caméra cachée, a imité Daech en procédant au kidnapping de l’international algérien Madjid Bouguerra et sa radio qui a ouvert son antenne à l’imam salafiste Hamadache qui s’est prononcé en faveur de l’ouverture d’une représentation diplomatique de Daech.

Veut-on épargner la chaîne d’Ali Fodhil, PDG d’Echourouk, en faisant porter le chapeau à la seule KBC qui, depuis des mois, est en "guerre" contre le ministre de la Communication ?

Yacine Ouchikh

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