Culture.Quand la calligraphie se mêle à la broderie « made in France »

Ramzi Saïbi, jeune artiste franco-tunisien, auteur d’une calligraphie arabe contemporaine à l'image de sa double culture.

Depuis plusieurs années, Ramzi Saïbi mêle calligraphie et art urbain. Lightpainting, toiles, murs, l'artiste franco-tunisien décline son style sur de nombreux supports. Aujourd'hui, il ajoute une nouvelle corde à son arc. En collaboration avec des artisans de la broderie « made in France », Label-broderie, Ramzi décline ses motifs, en série limitée, sur des objets du quotidien. L'artiste nous a expliqué sa démarche.

A quel moment vous est venue l'envie de décliner vos œuvres sur des objets ?

Suite au Lightgraffiti, ma dernière grosse exposition, c'était à Hong Kong en novembre dernier. Elle a duré deux semaines. Les gens me connaissaient en tant qu'artiste qui fait du Lightgraffiti, mais pas en tant qu'artiste qui expose ses toiles et en tant que street artist comme on l'entend aujourd'hui. J'étais très fier et excité de partir là-bas pour pouvoir présenter mon travail. Pour moi c'était un honneur.

Depuis j'ai pas mal voyagé, au Vietnam, aux Philippines, j'ai mis un peu de côté l'atelier. C'est à ce moment-là que je suis rentré dans une réflexion par rapport à une marque de vêtement. Mais j'ai toujours gardé ma fibre d'artiste puisqu'à chaque fois que j'allais dans un endroit, je calligraphiais quelque chose sur un mur. Et c'était toujours cette même calligraphie, celui que j'avais décliné en quatre tableaux à Hong Kong, qui revenait (...) Même si j'avais déjà floqué ma calligraphie sur quelques t-shirts, là je me suis dit qu'il fallait que je fasse quelque chose avec. De retour en Europe, je me sentais prêt.

Comment s'est faite la rencontre avec Label-broderie ?

Entre-temps j'avais rencontré un atelier français de broderie appelé « Label-broderie ». Nous avons donc collaboré ensemble, pour pouvoir réaliser des pièces en tirages limités. Label-broderie ont leur talent, celui du fait main, de la broderie, ce qui est un art. Le fait de faire cette collaboration entre la broderie et l'art contemporain, le street art, nous considérons ça comme une fusion. C'est une démarche artistique avant tout.

Après, il existe pas mal de supports (casquette, polo, coussin, housse de portable...). Nous essayons de toucher les jeunes, ils mènent la tendance. C'est la première collection que nous faisons ensemble, j'ai déjà proposé une autre réalisation pour une deuxième collection.

Mais ce n'est pas juste une marque de t-shirts, la démarche est différente. Label-broderie c'est un couple qui s'est investi dans cette direction depuis environ deux ans, ils travaillent pour plusieurs marques.

Lorsque nous nous sommes rencontrés, nous avons réfléchi à la façon de monter le projet. Nous sommes partis sur une sorte de « featuring », comme pour la musique. Et aujourd'hui, c'est Ramzi pour Label-broderie, comme ce que font les créateurs.

Ce jeudi [5 octobre, ndlr] nous serons partenaires du concours de mode « Prix Orje » [Tremplin pour nouveaux créateurs, ndlr]. Nous espérons que via ce genre de partenariats, nous pourrons essayer d'émerger un peu. Nous nous appuyons aussi sur des artistes qui acceptent de porter nos produits pour en faire la promotion.

Peut-on parler de nouvelle étape dans votre carrière artistique ?

Je fais ça sans forcément abandonner mon art premier. Comme pour le projet du Lightgraffiti, c'est une activité parallèle. Je reste quand même en contact avec la peinture, avec la rue, avec ce côté art premium qui reste vraiment la base. C'est ce qu'il fait qu'il y a de la matière. Sans ça, le Lightgraffiti, le projet « Label-broderie », ça n'aurait aucun sens, dans ce cas-là je deviendrais un business-man. Ce n'est pas une reconversion. Je donne forme à mes œuvres de manière différente mais sans oublier la base. 

Comment voyez-vous la suite de la collaboration avec « Label-broderie » ?

Nous avons d'autres « cartouches » en préparation. Je sais que ce motif, ce logo, est sympa. Après je ne mets pas en avant la signification, j'ai envie de garder un mystère autour de ce que je fais. Si les gens sont curieux, à ce moment là, j'en parle. C'est un message universel et fort.

Donc, en plus du côté artistique, il y a une dimension philosophique et réfléchie derrière la conception esthétique de l’œuvre. Pour l'instant nous tâtons le terrain avec une seule création (calligraphie) pour voir si les gens sont réceptifs. C'est le premier volet d'une grande histoire. Je l'espère en tout cas.

CH. Célinain

Lien collab avec Label-Broderie: https://www.label-broderie.com/91-ramzi-saibi

IL RACONTE

CHRONIQUES

VOYAGES

EDITOS

LES SERIES DU MAGAZINE

Articles les + lus


Agenda


TERROIR

×

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies qui permettront notamment de vous offrir contenus, services, et publicités liés à vos centres d'intérêt.

Fermer