Danse.(video) Alexia Martin, du folklore émerge la spiritualité

D’origine catalane et italienne, la danseuse et chorégraphe a fondé, il y a 15 ans, la compagnie de danse Dayma qui revisite les danses traditionnelles orientales. Avec ses créations Noor et Wissal, elle multiplie les collaborations dans des mises en scènes graphiques et envoûtantes.

Bien que méditerranéenne, « on ne dansait pas » dans la famille d’Alexia. C’est à 20 ans que la danse arabe et berbère entre dans la vie de la future chorégraphe par des amis venus du Maghreb. Auteure d’un mémoire de littérature sur « l’imaginaire du corps féminin de Sony Labou Tansi », elle va plus loin dans ses recherches jusqu’à tomber sur la compagnie l’Autre Danse de Saadia Souyah. Elle renforce ses connaissances dans les mouvements et chorégraphies des pays du Maghreb (Gnawas du Maroc, Fazzani de Tunisie) mais aussi la danse du kan qu’on trouve dans les cinémas égyptiens. Cela la mènera à l’art martial égyptien de la danse du bâton (Tahtib). Elle effectuera même un voyage aux sources en Egypte avec l’association Seiza d’Adel Paul Boulad et transmet, depuis en France, à ses élèves les notions de base et règles de cet art millénaire.

Celle qui refuse de se considérer comme experte de ses danses, n’apprécie pas l’image péjorative du vocable « danse orientale », né de la société du spectacle des cabarets de la période coloniale.  « Alors qu’elles évoquaient le partage, le sacré et la famille, les danses arabes sont sorties de leur contexte originel, nous explique Alexia Martin. La colonisation a laissé des traces dans l’imaginaire collectif, notamment dans la façon dont les européens voient ses danses. Elles sont d’une richesse infinie qu’il faut protéger et dont il faut parler différemment. Il reste du travail pour promouvoir dans l’espace culturel de notre pays, les danses des anciennes colonies. »

Pour transmettre ses connaissances, elle crée le Danse Lab de sa compagnie Daima, un laboratoire laissant une part importante à l’improvisation avec des inspirations de ce qu’elle a appris. « J’ai fait d’une phrase d’un homme que j’avais rencontré au Maroc, mon mantra : « De toutes façons, on n’a qu’un seul cœur ». Cela m’a défini. J’ai pu assembler les pièces du puzzle de ma vie : la danse, l’exploration du corps féminin mais aussi des pièces plus secrètes liées à la spiritualité. C’est cela qui m’a mené dans les méandres des musiques soufies qui m’inspirent beaucoup ».

En 2015, elle croise le chemin des frères musiciens pakistanais de Qawwali, Mushtaq (Shuaïb, Hubaïb et Behlole). De leur rencontre naîtra le spectacle Noor, un spectacle étonnant avec une musique qui n’est pas faite pour être dansé mais où la chorégraphe réussit son pari de laisser son corps exprimer son ressenti et sa spiritualité.

C’est aussi au travers d’une rencontre que naît son autre spectacle Wissal, « union spirituelle entre deux êtres ». Avec le prolifique calligraphe tunisien RamZ (Ramzi Saïbi) et le vidéaste Hassène Hamaoui, elle crée un ovni artistique mélangeant arts visuels, calligraphie et danse. « C’est une quête du beau qui permet de nous transcender, nous confie Alexia. Par le corps pour moi, par l’expression graphique pour Ramzi. Cela me permet de recycler mon matériel émotionnel ». Dans l’univers d’Alexia Martin, on trouve des mots, des gestes, des corps qui s’expriment, des mouvements, de la spiritualité et une farouche envie de faire découvrir ce monde foisonnant.

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