Dossier du Courrier.La Justice à la barre : tous égaux devant la loi ?

crédit photo : Damien Meyer/AFP

A observer la société française, on a la vague impression que tout le pays veut “porter plainte” contre… la justice. Les justiciables qui estiment qu’elle n’est pas assez réactive, qu’elle est laxiste ou encore qu’elle ne penche pas de leur côté ; les ­politiques, qui aspirent aux fonctions ­suprêmes, comme Fillon ou Le Pen, et qui refusent carrément les convocations ou considèrent que la justice est orientée ; les personnels de l’appareil judiciaire que l’Etat “laisse” gérer, sans leur en donner les moyens ; ou encore les prisonniers, qui une fois leurs peines purgées, se retrouvent marqués au fer rouge de leur faute, mis au ban de la société sans opportunité réelle d’expier leurs fautes.

Et c’est vrai que la situation n’est guère reluisante. Le système judiciaire français a été retoqué à de nombreuses reprises par la Cour européenne des droits de l’homme et le Conseil de l’Europe pour les conditions inhumaines de détention. Selon une étude de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice, la France est classée 37e sur 45 pays en Europe, avec à peine 61 euros par habitant et par an consacré à la justice. A peine 1,9 % du budget total destiné à la justice. Autant que la Moldavie... Un statut indigne de la cinquième puissance mondiale !

 

Observer “les petites choses”

Même si certaines mesures ont permis de mieux indemniser les victimes, on est encore loin du compte et, dans ces conditions, nous avons le devoir de croire à un système qui a besoin d’aide pour se rénover. Montesquieu, dans son essai Mes pensées indiquait que “le moyen d’acquérir la justice parfaite, c’est de s’en faire une telle habitude qu’on l’observe dans les plus petites choses, et qu’on y plie jusqu’à sa manière de penser”. Alors, nous avons cherché, observé, fouillé “les petites choses”, les détails pour appréhender notre appareil judiciaire. De l’aumônier au procureur, de l’avocat star au surveillant pénitentiaire, en passant par les femmes de loi, notre enquête permet de mieux en appréhender ses multiples facettes.

Nous avons aussi scruté l’univers carcéral. De la fausse assertion de prisons remplies de “noirs et d’Arabes”, aux familles de détenus qui doivent affronter les parloirs jusqu’à la réinsertion de ces derniers une fois libérés, on est en droit de se demander ce qui cloche dans le système de détention français. Un chiffre est éloquent : 6 prisonniers sur 10 retournent en prison dans les cinq ans qui suivent leur incarcération, là où la Suède atteint des taux de récidive d’à peine 20 %. Le pays scandinave en est au point de fermer des prisons… faute de prisonniers. Un exemple à suivre.

Une justice que l’on met à la barre, non pas pour la juger, mais pour en rééquilibrer la balance. 

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