FranceAprès l'attaque à St-Étienne-du-Rouvray, un septuagénaire musulman agressé

A Barentin, près de Rouen.

 

Dommages collatéraux, la suite. Au lendemain de l'attentat ignoble perpétré ce mardi 26 juillet 2016, à Saint-Étienne-du-Rouvray, un septuagénaire de confession musulmane a été lâchement agressé près de Rouen, à Barentin. Une enquête a été ouverte.

 

La victime, un Français d'origine sénégalaise installé en France depuis 50 ans, a été prise à partie au lendemain de l'attaque qui a coûté la vie au père Jacques Hamel, vers 6 h du matin, au pied de son immeuble à Barentin (Seine-Maritime), près de Rouen, a précisé à l'AFP son avocat, Maître Ouadie Elhamamouchi.

"Je vais t'égorger pour vous faire comme vous nous faites "

L'agresseur aurait d'abord interpellé les filles du septuagénaire, qui s'apprêtaient à reprendre la route vers Paris après avoir rendu visite à leur père, pour une question de place de parking, selon le récit de l'avocat. Il s'en prend peu après à leur père, vêtu d'une djellaba et coiffé d'une chéchia, qui les aidait à charger leurs bagages. 

« Sale Noir, si je descends d'ici c'est pour te taper. Je vais t'égorger pour vous faire comme vous nous faites à nous, c'est pas parce que t'es en robe et avec un chapeau que tu vas faire la loi ici », aurait crié l'automobiliste, toujours selon l'avocat. 

Le septuagénaire demande à ses filles de prendre la route, puis tente de regagner son domicile. Mais l'homme effectue une marche arrière pour essayer de le percuter, sans succès. 

Un traumatisme crânien

Voyant que son agresseur le suit, le septuagénaire rentre dans l'immeuble et s'empare d'une marmite dans la première poubelle venue pour se défendre. Il rentre dans l'ascenseur mais l'homme parvient à se faufiler derrière lui, le frappe à la tête et manque de l'étrangler, selon son avocat. 

« Il a eu un traumatisme crânien, ce sont les autres membres de sa famille qui l'ont retrouvé presque inconscient dans l'ascenseur », précise Me Elhamamouchi. 

Conduit au CHU de Rouen, il en est ressorti le lendemain avec 3 jours d'incapacité totale de travail.  Fréquentant parfois la mosquée de Saint-Étienne-du-Rouvray, il connaissait de nom le père Jacques Hamel et avait été très affecté par l'attentat dans l'église. 

Cette lâche agression intervient après d’autres cas d’islamophobie, comme l’incendie il y a quelques jours d’une mosquée en construction à Muret (près de Toulouse), ou l’inscription de tags racistes sur la porte d’entrée de la salle de prière de Bagnolet (93).

Avec AFP

Nadir Dendoune

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