Redouane Ikil licencié définitivement par La Poste malgré son acquittement par la justice

 Redouane Ikil licencié définitivement par La Poste malgré son acquittement par la justice

Rédouane Ikil


Pour la Poste, rien ne sert d'être acquitté par la justice. Après avoir été blanchi le 30 juin dernier en première instance par la Cour d'assises de Haute-Garonne, (il y aura un procès en appel), Redouane Ikil a reçu sa lettre de licenciement ce mardi 19 septembre.


Pour les membres de son comité de soutien, l'annonce de son licenciement est "une honte pour la Poste". Le principal concerné, Redouane Ikil, parle, lui, de déception, mais sûrement pas d'une surprise. "Depuis ma sortie de prison, la Poste a tout de suite parlé de se débarrasser de moi", dit-il écœuré.


En mars 2012, puis en mai 2013, deux agences postales de Toulouse (Belle-fontaine et Saint-Cyprien), avaient été l’objet de braquages violents. Les malfaiteurs avaient dérobé 360 000 € la première fois et 150 000 € la secondesomme qui avait été retrouvée plus tard.


Interpellé en 2014, et placé  en détention provisoire, Redouane Ikil était soupçonné d’avoir commandité ces actes. Des accusations qu’il a toujours niées. Son acquittement avait été un soulagement pour lui et sa famille surtout que l'avocat général avait requis à son encontre une peine de 30 ans de réclusion criminelle. 

Après avoir été injustement incarcéré pendant trois ans, Redouane Ikil, papa de quatre enfants, espérait reprendre une vie normale. Cela commençait par retrouver son emploi. 


Pour justifier le licenciement de son ancien "directeur d’établissement à la carrière exemplaire", la Poste lui reproche de ne pas avoir donné l'alerte après une agression dont il aurait été victime en janvier 2013, quelques mois avant l'attaque du bureau de Poste de Saint-Cyprien.


"Ils avaient menacé de s'en prendre à ma famille si je parlais", se défend Redouane Ikil. "Sachant qu'en plus, je ne livrais pas d'éléments indispensables à un braquage : je n'ai pas transmis les codes, l’emplacement des caméras, la façon dont on peut déjouer le système d’alarme, etc.., j'ai préféré ne rien dire", continue-t-il.


Le porte-parole de La Poste explique que cette décision fait suite à un entretien préalable et à un avis de la commission consultative paritaire. "Mr Ikil n'a pas respecté son obligation élémentaire de prévenance de sa hiérarchie quant à l'obtention par des tiers d'une information sensible (plan du bureau de poste) de nature à mettre gravement en danger des personnes".


Pour La Poste, ce "manquement majeur" est "incompatible avec les fonctions de directeur d'établissement", balayant d'un revers de main les explications de Redouane Ikil qui ont pourtant convaincu les jurés de la Cour d'assises. 


"Je suis complètement abattu et je ne comprends toujours pas la décision de La Poste. Je suis condamné par elle alors que j'ai été acquitté par la justice. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi", s'est ému le quarantenaire, qui a bien l'intention de ne pas en rester là.

"Je vais porter l'affaire devant les prud’hommes et je me réserve le droit d'attaquer au pénal", a répété Redouane Ikil. 


Son comité de soutien appelle à un rassemblement ce mercredi 28 septembre à 14h devant la direction régionale de La Poste, à Toulouse.


Nadir Dendoune

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune