La Série Culture."Nouvelle vague" arabe, moteur !

crédit photo : Rafe Swan/Cultutra Creative/AFP

Parlez cinéma arabe autour de vous, et le résultat sera toujours le même. On vous évoque des vieux films en noir et blanc, égyptiens pour la plupart, le grand “maestro” Youssef Chahine et quelques ovnis des dernières décennies, tels que “Ali Zaoua, prince de la rue”, de Nabil Ayouch ou les films de la pasionaria tunisienne, Dora Bouchoucha. Pourtant, dans le monde arabe, la créativité cinématographique attire de plus en plus de cinéphiles et aborde de front les sujets tabous.

 

 

A l’image de la Cinecitta romaine, on s’imagine l’industrie du film arabe en pleine décrépitude, empêtrée dans la morosité. Que nenni ! A l’image du renouveau italien, une nouvelle génération émerge dans les pays arabes et sort des sentiers battus. Tout y passe. Des sujets sur les femmes, la violence, l’Islam, la guerre… Même si ces films sont méconnus en Europe en raison d’une mauvaise distribution, le nombre de tournages explose. De Palestine, du Maroc, de Tunisie, d’Algérie, le cinéma “nouvelle génération”, plongé à la fois dans la culture occidentale et arabe, arrive à sortir des petits chefs-d’œuvre. De quoi rivaliser modestement avec les films du Serbe Emir Kusturica, du Chilien Pablo Larraín ou encore du Britannique Ken Loach.

La fin des tabous

Et, à première vue, ce qui étonne, c’est la fin des tabous ! La programmation est éclectique et généreuse. Les raisons en sont simples. Des jeunes mieux formés aux métiers du cinéma, des télévisions à la recherche d’écritures inédites, mais aussi et surtout des structures financières nouvelles qui ont changé la donne. Fini l’attente interminable d’un accord de production avec la chaîne nationale ! Exit aussi l’apport financier occidental, orientant les films vers des thématiques en conformité avec leurs visions du monde ! Dorénavant, les jeunes pousses du cinéma arabe vont chercher l’argent là où il se trouve : à Dubaï, Doha, Sharjah ou au Liban. Des formations, des prix, des distributeurs qui se bousculent lors de festivals vieux d’à peine dix ans, mais qui ont profondément changé la donne du cinéma arabe.

Seul point noir : le documentaire. Parent pauvre de la création cinématographique arabe, il ne récolte encore aujourd’hui que des miettes de financement. S’il faut saluer l’apport de quelques chaînes arabes comme Al Jazeera Documentary ou d’Al-Arabiya TV, les chaînes nationales demeurent très frileuses, et les documentaristes sont souvent dans une impasse. Pour remédier à ce problème au Maroc, ils se sont réunis dans une chambre syndicale avec, à sa tête, le réalisateur reconnu Rachid Kasmi, qui exprime dans nos colonnes son regard novateur sur la profession.

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