La Série Culture.Rachid Kasmi : "Le public marocain connaît mal le documentaire"

archives personnelles de Rachid Kasmi

Le système de financement du cinéma au Maroc est reconnu pour son efficacité. Mais si la production de fiction connaît actuellement son heure de gloire, il en va tout autrement pour le documentaire. Un jeune cinéaste, président de la Chambre marocaine des documentaristes, tire la sonnette d’alarme.

Comment se porte le cinéma documentaire au ­Maroc ?

L’Etat, via le Centre cinématographique marocain (CCM), subventionne quasi exclusivement les films de fiction. Le documentaire ne trouve pas sa place dans la production marocaine. Seule la télévision lui permet d’exister un peu aujourd’hui. La première chaîne et la chaîne 2M réservent ainsi, via des appels d’offres, un petit budget pour la production et la coproduction. Malheureusement, ces financements sont trustés par les grandes sociétés de production. A côté de cela, il existe trois grandes rencontres annuelles qui diffusent du ­documentaire en salles : le festival Europe-Orient, à ­Tanger, le Fidadoc, à Agadir, et le Festival du documentaire de Khouribga.

Pourquoi avoir créé un syndicat des documentaristes marocains ?

Toutes les disciplines cinématographiques ont une représentation syndicale : les producteurs, les réalisateurs de films de fiction, les techniciens, les critiques… Sauf les documentaristes, qui, jusque-là, n’avaient pas de cadre juridique pour défendre leurs intérêts. D’où l’idée de créer une association, la Chambre marocaine des documentaristes. D’abord pour proposer des lois au CCM et discuter avec leurs responsables de l’organisation et de l’amélioration de la pratique du métier de documentariste au Maroc. Mais aussi pour faciliter la diffusion du film documentaire, car le public connaît mal l’œuvre des jeunes documentaristes notamment.

Comment s’organise le circuit de production, de ­distribution et d’exploitation du documentaire ?

La production du documentaire au Maroc est limitée à trois aspects : l’avance sur recettes du CCM, la production et la coproduction des chaînes de télé­vision publiques dans le cadre des appels d’offres et la production exécutive pour le profit des chaînes de ­télévisions étrangères, principalement la chaîne ­documentaire d’Al-Jazeera. Mais les producteurs ­marocains ne prennent jamais l’initiative de produire des documentaires de création afin de les distribuer dans les salles ou de les programmer dans des festivals. Pour le coup, il est difficile de parler véritablement de distribution ou d’exploitation des films documentaires au Maroc. La programmation des instituts étrangers et les festivals spécialisés constituent de fait le seul vrai réseau de diffusion en salles.

Quelles mesures vous semblent nécessaires pour développer ce secteur ?

Les chaînes de télévision pourraient déjà élargir la panoplie des lots consacrés à la production documentaire et les ouvrir aux jeunes documentaristes marocains. Le CCM pourrait également élargir ses aides au documentaire de création et intervenir dans la distribution et l’exploitation. Et les agences de production audiovisuelles marocaines devraient prendre le risque de soutenir des documentaires de création et d’accompagner la nouvelle génération dans leurs ­carrières professionnelles.

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