#8 – Shanwaz G. : “Nous ne pouvons pas laisser ces gens dans la rue sans aide”

 #8 – Shanwaz G. : “Nous ne pouvons pas laisser ces gens dans la rue sans aide”

Coronavirus : Maraude du Secours Islamique de France


En pleine pandémie, ils se dévouent pour apporter leur aide aux sans-abris de Seine-Saint-Denis. Ils, ce sont les bénévoles des équipes du Secours Islamique de France, qui comme Shanwaz G., continue d'effectuer leurs maraudes. Objectif: sortir la personne de l’isolement et réchauffer son cœur.


LCDL : Continuez-vous aujourd'hui à effectuer des maraudes, malgré la propagation du Covid-19 ? 


Shanwaz G. : Oui, les maraudes du SIF continuent à s’effectuer trois fois par semaine. Les mardis, vendredis et dimanches.


Comment se passent-elles dans ce contexte de crise sanitaire ?


Nous continuons à apporter du soutien aux gens dans le besoin et aux personnes dans des situations de vulnérabilité. Que ce soit avec une tasse de thé, un kit d’hygiène ou pour répondre aux simples besoins du quotidien. Mais, le plus important dans ces maraudes, c’est de faire du lien social.


Est-ce que l'apparition du coronavirus a-t-elle changé votre manière de procéder ?


Le SIF nous fournit tout le nécessaire : masques, gants, gel hydroalcoolique, etc. Tous les bénévoles sont constamment sensibilisés à l’observation des gestes barrières. Mais, forcément, aujourd’hui, nous sommes quand même moins sereins quand nous partons, mais nous restons vigilants et nous faisons très attention car nous ne pouvons pas laisser ces gens dans la rue sans aide.


Diriez-vous que les sans-abris ont conscience de la pandémie ?


La plupart de ceux que je rencontre ont conscience de la crise sanitaire. Ça fait deux semaines qu’ils ne voient plus personne dans la rue, que les gens qui leur donnent une pièce ou un sourire sont plus que rares. Puis, ils nous voient aussi les approcher à distance, avec nos masques et nos gants… Mais, la peur ou l’urgence, ils la vivent au quotidien. Ils ne vivent pas les choses de la même manière que nous, qui avons la chance d’avoir un toit et trois repas par jour.


Comment voyez-vous aujourd’hui la situation d'une personne sans domicile fixe en France ?


C’est très compliqué. Certains points d’eau ont fermé, faute de pouvoir les maintenir propres. Du coup, l’hygiène devient un sujet plus problématique, en cette période. Et se laver les mains est le principal geste barrière !


En tant qu'acteur sur le terrain, avez-vous des appréhensions lorsque vous allez sur place ?


Oui, on a quelques appréhensions, en sortant de chez nous. Mais si nous prenons les précautions nécessaires et si l’on reste vigilant, le risque est quand même moindre. Mais, que voulez-vous ? Ils ont besoin de nous !


>> Lire aussi : 


Parole de confinés #1 : Les consulats marocains sur le pied de guerre


Parole de confinés #2 : Bloquée au Maroc, une étudiante en médecine raconte


Parole de confinés #3 : La restauration à bout de souffle


Parole de confinés #4 : Messaouda, 84 ans : "Vendredi, j'ai rajouté une prière"


Parole de confinés #5 : Mokhtar : « Le handicap m’a appris à m’adapter à mon environnement »


Parole de confinés #6 : Claude, toxicomane depuis 30 ans : « J’ai peur de ne pas tenir »


Parole de confinés #7 : Le slameur Hocine Ben raconte


Paroles de confinés #9 – Algérie : La double peine des binationaux

Malika El Kettani