Politique.Grand débat : La colère d’Azzédine Taibi, maire de Stains

Azzédine Taibi, maire de Stains (93).

24h après le premier déplacement d’Emmanuel Macron dans les banlieues dans le cadre du grand débat, Azzédine Taibi, le maire de Stains (93) ne décolère pas. « Nous sommes restés près de 5 heures... et après avoir réclamé, à maintes reprises, de prendre la parole, furieux, nous avons décidé de quitter la salle, estimant que la personne choisie par Macron et chargée de distribuer la parole, a sciemment refusé de nous la donner », fulmine l’élu qui avait accepté l’invitation du chef de l’Etat. 

Ce lundi 4 février, Emmanuel Macron était à Evry-Courcouronnes dans l’Essonne, à une trentaine de kilomètres au sud de Paris pour échanger avec 300 élus et représentants d'associations franciliens. C’était là sa cinquième rencontre avec des maires, après celles qu’il a organisées, depuis la mi-janvier, à Grand-Bourgtheroulde (Eure), Souillac (Lot), Valence (Drôme), et à l’Elysée où il a reçu une centaine d’édiles d’outre-mer.

Le maire de Stains avait préparé un discours. Déçu de n’avoir pas pu échanger de vive voix avec le Président Macron, le maire de Stains a décidé de rendre public sur sa page facebook ce qu'il comptait dire au chef de l'état. Un texte émouvant.

« La vérité Monsieur le Président, est que cela fait des années et des années que nous nous mobilisons pour nos droits, pour l'égalité et pour la dignité. Des années qu'on nous répète que des flots d'argent se déversent sur les banlieues. La vérité Monsieur le Président, et je vous le dis sans détour, nos quartiers populaires sont délaissés, pire ils sont stigmatisés, non considérés, non respectés. La vérité Monsieur le Président, est que les politiques spécifiques nous emprisonnent, nous stigmatisent et nous éloignent chaque jour du droit commun. Vous le savez, un rapport parlementaire inédit a été publié l'an dernier sur l'action de l'Etat en Seine-Saint-Denis, pointant “ la République en échec “. La vérité Monsieur le Président, est que dans au moins 3 domaines, mais nous savons tous que c'est plus, l'Etat recule, partout, pour tous en Seine-Saint-Denis :
• Education : l’Etat dépense 47% de plus pour un lycéen parisien que pour un élève de Seine-Saint-Denis. • Justice : des délais d'audience 3 à 6 fois plus long qu'ailleurs en Ile de France, avec des conséquences très concrètes sur la protection des mineurs, sur les femmes victimes de violences et qui ne peuvent quitter le domicile conjugal, la lutte contre l'habitat indigne et les marchands de sommeil. • la Sécurité enfin avec des policiers moins nombreux qu'ailleurs en région parisienne. À Stains, par exemple c’est 1 commissariat pour 2 villes, c'est un policier pour plus de 580 habitants. 1 pour 310 à Paris ». 

Lors du débat à Evry-Courcouronnes, Emmanuel Macron a annoncé vouloir lancer « un grand plan pour les petites associations » afin de « booster » le tissu associatif, une demande qui selon lui ressort du grand débat.

Il s’est ainsi dit prêt à envisager des « emplois francs associatifs », sur le modèle des emplois francs pour le secteur privé, un dispositif d’aide aux entreprises qui recrutent des résidents des quartiers défavorisés.

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