Canada. Islamophobie : une fusillade au centre culturel islamique de Québec fait 6 morts et 8 blessés

Un policier de la structure de gestion policière contre le terrorisme", Québec, le 29 janvier 2017

Une fusillade a éclaté dans la nuit du dimanche 29 janvier dans la soirée au centre culturel islamique de la ville de Québec, au sud-est du pays, faisant six morts et huit blessés, selon un bilan provisoire officiel. Deux Algériens, un Marocain, un Tunisien et deux citoyens d’un pays d’Afrique noire figurent les victimes de l'attaque terroriste. 

Mise à jour : L'unique suspect de l'attentat a été identifié, il s'agit d'Alexandre Bissonnette.

Dans un tweet, le Premier ministre canadien Justice Trudeau a écrit « Ce soir, les Canadiens pleurent les victimes de l'attaque lâche dans une mosquée de Québec. Mes pensées sont avec les victimes et leurs familles ».

Le député de Roberval Phillipe Couillard a pour sa part affirmé que « le Québec rejette catégoriquement cette violence barbare », inédite pour un pays et un département connu pour son hospitalité.

La piste du militant d'extrême droite priviégiée

Selon les médias locaux, les six victimes personnes ont trouvé la mort dans une fusillade perpétrée par un homme cagoulé après la prière du soir à la mosquée. Une cinquantaine de personnes étaient rassemblées dans ce lieu de culte.

Une vaste opération policière a été lancée à l’aube après la fusillade. Dans un point de presse télévisé, le porte-parole de la police a indiqué que deux suspects avaient été interpellés, l'un « à proximité des lieux » et l'autre près de l'île d'Orléans à une vingtaine de kilomètres des lieux.

Ils ont tous les deux été placés en garde à vue. « La structure de gestion policière contre le terrorisme est déployée », a précisé Christine Coulombe, porte-parole de la sûreté.

Selon des témoins cités par Radio Canada, deux hommes auraient pénétré dans le centre culturel avant d'ouvrir le feu sur les fidèles un peu après 19h15 heure locale dimanche. « Les deux hommes portaient une cagoule noire » et l'un avait « un fort accent québécois », a expliqué un des témoins.

« Je condamne ce geste insensé », a aussi déclaré le maire de Québec Régis Labeaume. Dans un communiqué, François Hollande a lui dénoncé « avec la plus grande fermeté un odieux attentat », affirmant que « c'est l'esprit de paix et d'ouverture des Québécois que les terroristes ont voulu atteindre ».

Le Centre culturel islamique de Québec, qui est également connu sous le nom de Grande mosquée de Québec, avait déjà été la cible d'un geste à caractère haineux, mais moins grave : une tête de porc avait été déposée devant l'une de ses portes pendant le ramadan, en signe d’avertissement xénophobe.

« On s'y préparait, car ça se passe dans le monde entier »

Difficile dans la confusion de déterminer combien de personnes étaient rassemblées pour la dernière prière dimanche. Généralement, ce sont 60 à 100 personnes qui assistent à ces prières à la mosquée.

Les témoins avouaient leur incompréhension après cette fusillade. « Je ne comprends pas pourquoi ici, c'est une petite mosquée et Québec, ce n'est ni Montréal, ni Toronto », a déclaré un témoin qui était à l'intérieur du centre au moment de l'attaque.

« On s'y préparait (à une attaque de ce type), car ça se passe dans le monde entier », a confié à l'AFP un policier chargé du périmètre de sécurité.

La veille de cette attaque, Justin Trudeau avait promis d'accueillir les réfugiés « indépendamment de leur foi », au lendemain de la décision controversée de la Maison Blanche d'interdire l'entrée des Etats-Unis aux ressortissants de sept pays musulmans, suivi par l’incendie criminel d’une mosquée au Texas.

S.S

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