France.Violences faites aux femmes : si peu d'évolution en dix ans

ALAIN JOCARD / AFP

L'affaire Weinstein, #Balancetonporc, des réactions et témoignages en avalanche qui attirent aujourd'hui l'attention sur les violences faites aux femmes (harcèlement sexuel, agression sexuelle, violences conjugales...). Si aujourd'hui la parole semble se libérer, ces violences ne datent pas d'hier. Or, depuis la loi du 9 juillet 2010 relative aux violences faites aux femmes, les choses ne semblent pas avoir beaucoup évolué.

Renforcer la loi

Légiférer pour prévenir les violences, punir les auteurs de violences, prendre en charge les victimes... En 2010, la lutte contre ces violences étaient décrétée « Grande cause nationale » avec le vote de la loi du 9 juillet 2010, reprenant plusieurs propositions d'une loi-cadre écrite par le CNDF : « Cette proposition de loi, encore d’actualité, se propose de prendre en compte la globalité des violences et la façon de les combattre : prévention, sensibilisation de toute la société, solidarité à tous niveaux avec les victimes, répression des agresseurs ».

Statu quo ?

En 2011, 122 femmes mouraient sous les coups de leur conjoint. En 2016, 123 femmes mouraient sous les coups de leur conjoint, selon une étude du ministère de l'Intérieur. La loi du 9 juillet 2010 n'a pas changé grand chose. Pour le CNDF, le changement passe par une prise de conscience globale : « la perception de la violence à l'encontre des femmes n'est comprise que relevant de comportements individuels. Elle est pourtant la conséquence d'une construction sociale de la place des sexes dans notre société qui infériorise les femmes, dans le travail, la vie politique, la vie sociale, la vie privée ».

Convention d'Istanbul

Aujourd'hui le gouvernement veut montrer sa détermination à prendre le problème à bras le corps, notamment avec une future loi contre les violences sexuelles, portée par Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes. Pour le CNDF, le France doit aller plus loin : « Il faut aussi que la France se mette en conformité avec la Convention d’Istanbul, qu’elle a ratifiée en 2014, et qui par exemple interdit toute médiation pénale pour les violences conjugales ou prescrit que les ordonnances de protection des victimes puissent être attribuées pour tout « type » de violences ».

Avec l'engouement des médias internationaux, une vraie prise en considération des violences faites aux femmes semble se mettre en place. Mais pour combien de temps ...?

CH. Célinain

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