Vos droits. Le gouvernement dénoncera les entreprises discriminantes le 6 février

Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a déclaré lundi que des entreprises qui discriminent à l’embauche seraient dénoncées le 6 février, lors de la présentation d’une « stratégie gouvernementale » contre ce problème.

« Le 6 février, nous présenterons avec plusieurs ministres la première stratégie gouvernementale (de lutte contre les discriminations, NDLR), avec les associations, avec les acteurs qui suivent sur le terrain depuis des années, luttent parfois seuls contre les discriminations », a-t-elle dit sur RTL. « Il n’y a jamais eu de stratégie interministérielle avec la totalité du gouvernement mobilisé sous l’autorité du Premier ministre Edouard Philippe », a-t-elle mis en avant.

Interrogée sur la dénonciation des entreprises coupables de discrimination à l’embauche, la secrétaire d’État a confirmé qu’il y aurait du « name and shame, c’est-à-dire nommer des entreprises qui discriminent », en référence à la promesse de campagne du candidat Macron en 2017.

« On lutte contre les discriminations communautaristes, mais le communautarisme se nourrit aussi des discriminations. Quand vous êtes en marge de la République, vous avez le sentiment d’être rejeté par la République, vous pouvez être tenté de vous organiser en marge de celle-ci », a ajouté la secrétaire d’État. Lutter contre les discriminations, « c’est aussi une manière de lutter positivement contre le communautarisme ».

Les chercheurs dénonçaient l’inaction du gouvernement

Au début du mois, une étude auprès de grandes entreprises françaises a mis en évidence que les candidats d’origine supposée maghrébine ont 20 % de chances en moins de recevoir une réponse lors d’une candidature à une offre d’emploi et 30 % de chances en moins d’être recontactés après une candidature spontanée, par rapport à un candidat au nom sonnant bien français.

Cette étude fait suite à une campagne de tests anonymes menée entre octobre 2018 et janvier 2019 auprès de 103 grandes entreprises parmi les 250 plus fortes capitalisations de la bourse de Paris. Elle a été réalisée à la demande du gouvernement par une équipe de chercheurs de l’université Paris-Est-Créteil, qui ont fait plus de 8 500 tests en combinant des candidatures et des demandes d’information, à la fois en réponse à des offres d’emploi ou de façon spontanée.

Mais, devant l’inaction du gouvernement depuis la remise de leur rapport début 2019, les chercheurs avaient décidé de le rendre public. Ils dénonçaient aussi la frilosité des autorités à publier la liste des entreprises mises en cause.

« Une opération de testing a été financée par l’État et on ne nous donne pas les résultats ! Qu’est-ce qui se passe ? La notoriété des entreprises est tellement grande qu’on ne peut pas se permettre de les dénoncer ? s’indignait ainsi début janvier Samuel Thomas, de la Fédération des maisons des potes au micro de France Inter.

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