CAN 2025 – L’Algérie avance sans bruit, mais avec autorité

 CAN 2025 – L’Algérie avance sans bruit, mais avec autorité

Les joueurs de l’Algérie et de la Guinée équatoriale posent avant le coup d’envoi de leur match de la phase de groupes de la CAN 2025, au stade Moulay-Al-Hassan à Rabat, le 31 décembre 2025. © Nadir Dendoune

Rabat (Maroc), de notre envoyé spécial

Une pluie fine tombe sur l’avenue menant au stade Moulay-Al-Hassan, ce mercredi 31 décembre, lorsque les premiers groupes de supporters algériens apparaissent aux abords des points de contrôle. Drapés de vert, de blanc et de rouge, chants déjà entonnés, sourires malgré l’attente : les Fennecs ont répondu présent. Il est 16 h, le match est prévu dans une heure.

 

Rien à voir avec les averses diluviennes qui ont récemment frappé le pays. L’atmosphère est presque feutrée, mais une chose frappe immédiatement : l’ampleur du dispositif sécuritaire. Périmètres multiples, filtrages successifs, contrôles rigoureux. Selon les habitués des grandes compétitions africaines, rarement une CAN n’avait connu un tel déploiement.

« Je vais régulièrement depuis des années dans des stades de foot à travers le monde. Je n’ai jamais vu ça », confie Hatem, Franco-Algérien et enseignant d’histoire, installé à Meknès depuis quelques mois. « Mais au moins, on sent que tout est fait pour que ça se passe bien. C’est sérieux, carré. »

Même constat pour Safia, venue d’Oran avec sa famille : « On a été contrôlé plusieurs fois, mais toujours avec le sourire. Le Maroc veut clairement une CAN impeccable. Pour l’instant, c’est réussi. »

© Nadir Dendoune
© Nadir Dendoune
© Nadir Dendoune

Une fraternité qui dépasse les tensions

Autour du stade, les images parlent d’elles-mêmes. Supporters algériens et marocains échangent des écharpes, se prennent en photo, chantent ensemble. Une scène forte, presque symbolique, alors que les relations politiques entre les deux pays restent tendues.

« Le football, c’est le peuple », sourit un supporter marocain, drapeau algérien autour du cou. « Les politiques, c’est autre chose. Ici, on est frère. »

Cette fraternité, déjà observée lors de précédentes compétitions, prend ici une résonance particulière : sur le sol marocain, une sélection algérienne ambitieuse attire tous les regards.

© Nadir Dendoune
© Nadir Dendoune

Une Algérie remaniée, mais souveraine

Sportivement, l’Algérie n’avait plus rien à prouver. Déjà qualifiée et assurée de la première place du groupe E, la rencontre face à la Guinée équatoriale servait surtout de test grandeur nature pour les remplaçants.

Le sélectionneur bosniaque des Fennecs, Vladimir Petkovic, en profite pour faire largement tourner : neuf changements dans le onze de départ. Ni Riyad Mahrez ni Luca Zidane, mais une équipe toujours aussi cohérente et disciplinée.

La réponse est immédiate. Zineddine Belaïd ouvre le score dès la 9e minute. À la 25e, Farès Chaïbi double la mise. Ibrahim Maza parachève le festival avant la pause (32e). La réduction du score d’Emilio Nsue (52e) ne change rien à l’issue : victoire nette et sans appel, 3-1.

L’Algérie boucle ainsi la phase de groupes avec un sans-faute, une performance réalisée pour la troisième fois de son histoire, après 1990 et 2019.

Les Fennecs, une histoire de caractère

L’Algérie n’est pas la sélection la plus titrée du continent, mais elle est l’une des plus respectées.
En 1990, le sacre à domicile porté par Madjer et Belloumi.

En 2019, la consécration en Égypte, symbole de résilience nationale, avec un Riyad Mahrez au sommet.

À chaque fois, la même signature : solidité, talent brut et caractère collectif. Cette CAN 2025 semble s’inscrire dans cette continuité, avec une équipe qui avance sans éclat excessif, mais avec une maîtrise impressionnante.

À la sortie du stade, la confiance gagne les tribunes

À la fin de la rencontre, dans les allées encore animées du stade Moulay-Al-Hassan, les visages sont détendus, les sourires francs. La victoire est nette, et les discussions tournent déjà vers la suite.

Karim, 42 ans, venu d’Alger, résume l’état d’esprit général : « Même avec l’équipe B, on a dominé. C’est très bon signe pour la suite. »

Nadia, 27 ans, arrivée de Lyon pour vivre la compétition sur place, insiste sur l’ambiance : « Franchement, c’était incroyable. De la première à la dernière minute, les supporters algériens ont poussé leur équipe. »

À ses côtés, Youssef, supporter marocain, revendique une fierté régionale assumée : « Je supporte le Maroc, bien sûr. Mais quand l’Algérie joue ici, je suis content de les voir gagner. C’est l’Afrique du Nord. »

Une ambition assumée, sans détour

L’international algérien Anis Hadj Moussa ne laisse planer aucun doute sur l’état d’esprit du groupe à l’approche du huitième de finale face à la RD Congo.

« On respecte la RD Congo, mais on sait ce qu’on vaut. On ne va pas y aller de main morte. À ce stade de la compétition, il n’y a plus de calculs », insiste l’ailier droit de Feyenoord.

Un discours à l’image de cette sélection algérienne : calme en apparence, mais déterminée jusque dans ses intentions.

 

Programme des huitièmes de finale de la CAN 2025

Samedi 3 janvier 2026
17 h 00 : Sénégal – Soudan
20 h 00 : Mali – Tunisie

Dimanche 4 janvier 2026
17 h 00 : Maroc – Tanzanie
20 h 00 : Afrique du Sud – Cameroun

Lundi 5 janvier 2026
17 h 00 : Égypte – Bénin
20 h 00 : Nigeria – Mozambique

Mardi 6 janvier 2026
17 h 00 : Algérie – RD Congo
20 h 00 : Côte d’Ivoire – Burkina Faso

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